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OpenAI s'apprête à ouvrir un bureau parisien / Et veut courtiser les talents français
Le projet de loi de finances pour 2025 sera dévoilé ce soir et les chefs d’entreprise français l’attendent de pied ferme. Que leur sera-t-il réservé en matière de fiscalité ? Il semblerait néanmoins que les suppositions circulant à ce sujet, tout comme le climat d’incertitude ambiant et régnant depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, n’aient pas découragé une entreprise américaine vedette de l’intelligence artificielle (IA) générative de jeter son dévolu sur la capitale. OpenAI, coqueluche de la Silicon Valley, vient en effet d’annoncer qu’elle allait ouvrir un bureau à Paris, d’ici à la fin de l’année 2024.
Le premier en Europe continentale, souligne la start-up qui vient de lever 6,6 milliards de dollars, déjà installée à Londres et Dublin. Par cette occasion, OpenAI a aussi officialisé son extension à Bruxelles, New York, Seattle et Singapour au plus tard cette année. L’objectif parisien est clair : s’insérer dans un écosystème d’IA générative plus que dynamique et séduire les talents tricolores par la même occasion. Cette nouvelle présence en France devrait en effet permettre à l’entreprise d’accéder à son vivier de cerveaux, fait-elle valoir par voie de communiqué, alors que les recrutements ne devraient pas tarder à débuter. "La France est mondialement reconnue pour son innovation et son leadership en technologie et en IA. (...) Avec une équipe sur place, nous pourrons collaborer étroitement avec les entreprises, institutions et développeurs français pour les aider à tirer pleinement parti des avantages de l’IA ", a souligné Sam Altman. "Ce choix reflète le dynamisme croissant de notre écosystème français d’intelligence artificielle, que nous voulons positionner comme un des leaders mondiaux", a de son côté relevé la secrétaire d’État chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Clara Chappaz, aussi citée dans le communiqué
S'intégrer dans la dynamique
Une manière, pour le créateur de ChatGPT dont les liens avec son investisseur Microsoft restent à l'étude de Bruxelles, de venir effectivement s’insérer dans un paysage florissant, peuplé entre autres du laboratoire de recherche Kyutai et de pépites françaises comme Mistral AI, ainsi que de quelque 600 start-ups tricolores spécialistes de l’IA. Et d’y rejoindre, également, d’autres sociétés américaines, à l’instar de Google. "La capitale des Lumières est en train de devenir la capitale de l’IA", se félicitait d’ailleurs le président de la République Emmanuel Macron, au mois de mai, alors que Paris avait été choisie par des anciens de Google DeepMind pour y lancer la start-up "H", en levant 220 millions de dollars par la même occasion.
Paris accueillera, de plus, le Sommet mondial de l’IA en début d'année prochaine. Une réunion qu’Anne Bouverot, coprésidente de la Commission de l’IA, sera chargée d’organiser après avoir été nommée envoyée spéciale par le chef de l’État à ce propos. Pour mémoire, la présidente du conseil d’administration de l’ENS avait piloté, aux côtés de l’économiste Philippe Aghion, un rapport remis à Emmanuel Macron afin que la France puisse ajuster sa stratégie en la matière. Objectif : faire de la France un pays à la pointe de l’IA. Ce qui devrait nécessiter, selon leurs estimations, d’engager environ 27 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans.
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