Concurrence Européenne / commission européenne / Microsoft / OpenAI / Intelligence artificielle
Concurrence Européenne
commission européenne / Microsoft / OpenAI / Intelligence artificielle
Bruxelles s’interroge sur les liens entre OpenAI et Microsoft / Après la réglementation, vient le tour de la concurrence
Il y a maintenant près d’un an, alors que ChatGPT avait atterri dans les mains du grand public et que le robot conversationnel d’OpenAI faisait couler de l’encre, la start-up avait annoncé étendre son partenariat avec son actionnaire historique : Microsoft. Un troisième accord reposant sur un investissement pluriannuel de plusieurs milliards de dollars et qui interroge désormais la Commission européenne.
L’exécutif européen a en effet annoncé, ce mardi, qu’il allait contrôler si l’investissement de Microsoft dans OpenAI pourrait faire l’objet d’un examen au titre du règlement de l’Union européenne sur les concentrations. Autrement dit, Bruxelles souhaite vérifier que l’implication de la firme fondée par Bill Gates dans la start-up est bien conforme aux règles inhérentes aux opérations de fusion au sein de l’Union européenne.
Dans un contexte plus large
Une implication qui a été d’autant plus été mise en lumière il y a quelque mois, lors de la crise de gouvernance chez OpenAI. Mais il ne s’agit pour l’instant que d’un contrôle. Celui-ci pourrait éventuellement mener à l’ouverture d’une enquête par la suite. En revanche, les deux entreprises ne sont pas tout particulièrement visées. C’est plutôt la concurrence dans l’ensemble du secteur de l’intelligence artificielle (IA) sur laquelle la Commission souhaite enquêter. Le tout prenant évidemment place dans un contexte où l’Union européenne a adopté le premier réglement au monde visant à réguler cette technologie, l’Artificial Intelligence Act.
De fait, elle a aussi lancé ce mardi deux appels à contribution sur la thématique et envoyé des demandes d’information à plusieurs grands acteurs du numérique. Outre cela, l’exécutif européen planchera sur certains accords ayant été conclus entre les développeurs et fournisseurs d’IA générative et des acteurs du numérique afin d’étudier "l’impact de ces partenariats sur la dynamique du marché", a précisé Bruxelles par voie de communiqué.
Par exemple, le partenariat entre OpenAI et Microsoft implique notamment que le service de cloud du géant américain, Azure, alimente les systèmes de calcul d’OpenAI. Ou encore que les produits d’OpenAI soient intégrés dans nombre de services de Microsoft. Ce qui a (entre autres) permis à la Big Tech de prendre une avance considérable en matière de cloud et d’IA sur ses concurrents.
Attention à la compétitivité
À la vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la politique de la concurrence, Margrethe Vestager, d’ajouter que "les mondes virtuels et l’IA générative se développent rapidement. Il est essentiel que ces nouveaux marchés restent compétitifs et que rien n’entrave la croissance des entreprises et la fourniture des produits les meilleurs et les plus innovants aux consommateurs".
Des marchés effectivement plutôt nouveaux mais fructueux. Les investissements en capital-risque dans l’IA et au sein des Vingt-Sept sont estimés à plus de 7 milliards d’euros en 2023 par Bruxelles, tandis que la taille du marché des mondes virtuels sur le Vieux continent devrait avoir dépassé les 11 milliards d’euros en 2023. Encore appelés à s’agrandir copieusement au fil des prochaines années, ils seront donc "susceptibles d’avoir un impact majeur sur la manière dont les entreprises sont compétitives", pointe la Commission.
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