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Macro-économie / Taux / Fonds norvégien

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Fonds norvégien

L’été a souri au Fonds souverain norvégien / Il engrange 70 milliards d’euros sur ses placements

Le plus gros fonds souverain de la planète a vu sa valeur croître de plus de 6 % entre juillet et septembre : elle atteint ainsi près de 1600 milliards d’euros. Un état de fait qu’il doit surtout au rendement enregistré sur ses placements, ce, quelle que soit la classe d’actifs considérée.
Trond Grande, directeur général adjoint du Fonds souverain norvégien et Nicolai Tangen, directeur général du Fonds norvégien -  Fredrik Varfjell / NTB / NTB via AFP
Trond Grande, directeur général adjoint du Fonds souverain norvégien et Nicolai Tangen, directeur général du Fonds norvégien - Fredrik Varfjell / NTB / NTB via AFP

Les trimestres passent et les dizaines de milliards d’euros continuent de pleuvoir pour le Fonds norvégien. La valeur du plus gros fonds souverain mondial a progressé de 6,3 % lors du troisième trimestre, soit une hausse de 94,8 milliards d’euros. Fin septembre, il pesait ainsi 1590 milliards d’euros. L’institution chargée de recycler les revenus pétro-gaziers de la Norvège a enregistré une entrée nette de capitaux de 8,3 milliards d’euros (ils lui ont été reversés par le gouvernement grâce à la rente liée aux hydrocarbures) tandis que la dépréciation de la couronne norvégienne a généré une hausse de 16,1 milliards d’euros de la valeur de ses actifs – le Fonds est intégralement investi à l’étranger.

Cette institution permet à la Norvège de se doter de marges de manœuvre sur le plan budgétaire en cas de chute des prix des hydrocarbures ou de contraction de l’économie. Le gouvernement y avait ponctionné près de 30 milliards d’euros pour affronter la pandémie en 2020.

Cet été, la quasi-intégralité de la croissance de la valeur du Fonds est provenue du rendement total généré par les actifs qu’il détient. Ses placements ont généré un rendement total entre juillet et septembre de 4,4 % (10 points de base de moins que son indice de référence), soit 70,4 milliards d’euros. "Nous avons enregistré un rendement positif dans tous nos domaines d’investissement. La baisse des taux d’intérêt a entraîné une hausse générale du marché boursier", a déclaré Trond Grande, directeur général adjoint.

Le rendement total de ses placements en actions fut de 4,5 % au cours du troisième trimestre. Pour mémoire, près des trois quarts des actifs sous gestion du fonds représentent des actions d’entreprises cotées et un peu plus de la moitié de ces placements concernent des firmes américaines. À la fin du premier semestre 2024, les plus grosses détentions du Fonds norvégien, en valeur absolue, étaient Microsoft (38,2 milliards d’euros), Apple (32,9 milliards d’euros), Nvidia (31,8 milliards d’euros), Alphabet (21,8 milliards d’euros), Amazon (20,3 milliards d’euros), et Meta (13,6 milliards d’euros). A noter qu’en ce qui concerne la France, les participations les plus importantes sont LVMH (4,1 milliards d’euros), Schneider Electric (2,9 milliards d’euros) et TotalEnergies (2,9 milliards d’euros).

Du côté des autres classes d’actifs composant le portefeuille de l’institution financière d’Oslo, les investissements en titres obligataires (26,1 % de ses placements) ont enregistré un rendement de 4,2 % au troisième trimestre. D’autre part, les placements dans l’immobilier non coté ont engrangé 0,8 %. Enfin, les investissements dans les projets d’infrastructure d’énergies renouvelables non cotés ont gagné 10,8 % (le rendement du portefeuille comprend le revenu net des ventes d’électricité et les variations de la valeur des investissements).

Récemment, le ministère des Finances de la Norvège avait demandé à la Banque centrale de Norvège (qui abrite le Fonds norvégien) d’examiner si investir dans le private equity pouvait s’avérer pertinent pour le Fonds. Ce dernier avait répondu par l’affirmative arguant, entre autres, que "les sociétés non cotées représentent une part toujours plus importante de la création de valeur mondiale". Les rendements historiques montrent que "les investissements en private equity donneront des rendements après coûts supérieurs à ceux des actions cotées à long terme", ajoutait-il, recommandant d’y consacrer entre 3 et 5 % de la valeur du Fonds.

À la suite de cela, Trygve Slagsvold, ministre des Finances de la Norvège, avait indiqué ne pas vouloir "investir dans les actions non cotées pour le moment", citant comme raisons : des frais plus élevés, une classe d’actifs moins transparente et la nécessité d’un large consensus politique. "Nous continuerons à y réfléchir", avait-il toutefois concédé.

Lors de sa création en 1996, le Fonds se limitait aux obligations d’État. Il faudra attendre 1998 pour que son univers d’investissement soit élargi aux actions cotées. En 2010, le ministère des Finances avait autorisé l’investissement dans des biens immobiliers non cotés. Viendront ensuite les infrastructures non cotées en 2019. Depuis 2011, le mandat de gestion s’est ouvert aux investissements dans des sociétés non cotées à condition que le conseil d’administration de ces dernières ait exprimé une intention de solliciter une cotation sur un marché réglementé et reconnu.

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