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Valeo subit la détérioration accélérée du marché automobile / Et diffère ses prévisions 2025, faute de visibilité

Dans un secteur automobile où la visibilité se dégrade de plus en plus, Valeo accuse le coup. Après un chiffre d'affaires en baisse de 5 % au troisième trimestre, l’équipementier révise de nouveau ses objectifs annuels. Confronté au ralentissement de la production mondiale et à l'adoption plus lente des véhicules électriques, le groupe s'emploie à préserver sa rentabilité de manière efficace, mais la conjoncture de plus en plus incertaine le contraint à différer ses ambitions pour 2025.    
Valeo a lancé un nouvel avertissement sur son chiffre d'affaires - Photo by Daniel Perron / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Valeo a lancé un nouvel avertissement sur son chiffre d'affaires - Photo by Daniel Perron / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les équipementiers automobiles font face à un environnement compliqué, contre lequel les grands spécialistes français du secteur ne sont pas totalement immunisés malgré leurs efforts pour s’adapter. Tout comme Forvia, Valeo fait le dos rond depuis le début de l’année. Et comme l’observe le cabinet Oddo BHF, la publication de son chiffre d’affaires du troisième trimestre, en baisse de 5% (de 2% en données comparables), à 4,97 milliards d’euros, contre 5,09 milliards d’euros attendu par le consensus, "n’est pas de nature à améliorer la perception du secteur".

La situation des équipementiers est étroitement liée à l’évolution de la production automobile mondiale. Or, celle-ci a reculé de 5% au troisième trimestre par rapport à la même période il y a un an, selon S&P Global Mobility. En cause, le ralentissement des principales économies mondiales, l’adoption plus lente que prévu des véhicules électriques à batterie (BEV) et des reports de production de nouveaux modèles chez les constructeurs. Il y a de plus en plus "de démarrages de production de nouveaux modèles qui sont reportés de 3 mois, de 6 mois, de 9 mois, d'un an", a indiqué Christophe Périllat, le directeur général du groupe, lors d’une conférence téléphonique.

L’Europe en particulier, où Valeo réalise 46% de son chiffre d’affaires, concentre les difficultés. S&P Global Mobility vient d’ailleurs d’y abaisser ses perspectives de production de véhicules légers en Europe de 107 000 unités pour 2024 et de 292 000 unités pour 2025.

Il convient d’ailleurs de souligner paradoxalement la bonne résistance de Valeo en Europe où, malgré un chiffre d’affaires en baisse de 3%, le groupe a surperformé de 6 points la production automobile. Ce qu’il doit notamment à ses choix stratégiques et technologiques définis dans le cadre de son plan Move Up datant de 2022, qui a permis d’accélérer son positionnement vers – outre l’électrification - les aides à la conduite et le véhicule défini par logiciel (Software Defined Vehicle). Des activités logées dans la division "BRAIN", la plus dynamique.  

L’entreprise doit malgré tout composer avec cette faiblesse des volumes, qui va en s’accélérant. "Les commandes se sont considérablement détériorées au cours des deux dernières semaines dans l'ensemble des régions monde et des divisions", notent ainsi les analystes d’UBS.

 

La rentabilité s'améliorera au second semestre

 

Dans ces conditions, Valeo se retrouve donc de nouveau contraint d’abaisser son objectif de chiffre d'affaires pour l'année, un nouvel avertissement après celui de juillet, qui faisait suite au précédent datant de fin février. Le groupe table désormais sur un chiffre d'affaires de 21,3 milliards d'euros en 2024, contre un précédent objectif de 22 milliards d'euros.

Néanmoins, "malgré un chiffre d'affaires qui n'est pas au niveau que nous espérions, nous sommes en situation de confirmer tous les autres points de nos prévisions en matière de cash, de marge opérationnelle", a souligné Christophe Périllat. Le groupe n’hésite ainsi pas à mettre en avant que son deuxième semestre sur ce plan de la rentabilité "sera significativement meilleur que le premier grâce à tous les efforts que nous avons faits pour adapter nos coûts à cette nouvelle donne du marché et aussi à ajuster nos prix en fonction des volumes", a-t-il ajouté.

Cette solidité, si elle est appréciable, ne remplace par la visibilité. Or, celle-ci se détériore, ce qui explique d'ailleurs la dégringolade de plus de 10% du cours de Bourse ce vendredi, à 9,3 euros. Si le groupe espère toujours sur une amélioration "significative" de sa rentabilité et de son free cash flow l’année prochaine, il ne fournit plus d'objectifs chiffrés. Devant la détérioration de la conjoncture économique et le forte incertitude autour des volumes de production automobile, la direction de Valeo attendra février prochain pour se fixer de nouveaux objectifs 2025.

Le dernier objectif de chiffre d’affaires pour 2025, abaissé en juillet, se situait entre 23,5 et 24,5 milliards d’euros, des niveaux déjà nettement inférieurs à la cible initiale de 27,5 milliards d’euros. Il faut dire que celle-ci avait été bâtie à l’origine sur la base d’une prévision de production automobile de S&P Global Mobility de 98,5 millions de véhicules, alors que, selon les dernières données, la production automobile mondiale pourrait bien ne pas progresser par rapport aux 88,5 millions de véhicules désormais anticipés en 2024.

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