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Private Equity / Capital-investissement

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Situation mi-figue mi-raisin pour le capital-investissement en France / Les levées se maintiennent, mais les cessions marquent le pas

Le bilan semestriel du capital-investissement en France, dressé par France Invest et Grant Thornton, montre un marché stable mais contrasté. Avec des investissements qui atteignent 14,7 milliards d’euros, les acteurs du capital-investissement en France maintiennent une activité soutenue malgré un recul des transactions primaires. Mais si les montants levés bénéficient du retour des institutionnels, les cessions demeurent timides, et le Venture & Growth est en difficulté. 
Bertrand Rambaud, le président de France Invest
Bertrand Rambaud, le président de France Invest

La dynamique du capital investissement repose sur trois axes principaux : les investissements, les levées de fonds et les cessions. A cet égard, la dernière étude de France Invest et du cabinet Grant Thornton sur l’activité dans l’Hexagone des acteurs du secteur au premier semestre semble dépeindre une tendance étale sur les trois critères. Elle n’en fait pas moins ressortir certaines nuances.  

En matière d’investissements, 14,7 milliards d’euros ont été investis dans 1 463 entreprises et projets d’infrastructure au cours les six premiers mois de l’année, à comparer aux 14,6 milliards d’euros investis dans 1451 entreprises au premier semestre 2023.   

Si l’on distingue le capital investissement hors infrastructure, l’activité s’est établie à un niveau légèrement supérieur à la moyenne historique en montants investis et en nombre : 10,6 milliards d’euros investis dans 1 363 entreprises, contre 10,5 milliards d’euros dans 1 315 entreprises en moyenne semestrielle sur la période 2018-2023.   

 

Des transactions primaires en berne 

 

Mais l’une des caractéristiques clé de ce premier semestre 2024 est que les transactions primaires, en montants investis et en nombre d’entreprises, se sont inscrites en baisse. Le fait est qu' "il y a eu de premières ouvertures de capital, moins d’entreprises qui ont rejoint le private equity au cours du premier semestre. Nous avons vu davantage de réinvestissements dans l’actif et d’opérations secondaires", confie à WanSquare Bertrand Rambaud, le président de France Invest.

Autre caractéristique, et "c'est plutôt une bonne nouvelle pour notre souveraineté, les investissements dans l’industrie et les services à l’industrie ont continué à progresser. C’était le cas en 2023 et c’est encore le cas en 2024 ". Leur part est passée de 21% à 27% en un an, pour un total de 2,9 milliards d’euros, alors que dans le même temps, la part des biens et services de consommation a chuté à 16%, au lieu de 26% un an plus tôt.  

Les levées de capitaux, elles-aussi, font apparaître un marché stable. Elles totalisent 13,3 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2024, contre 13 milliards d’euros à la période correspondante de 2023. Mais il faut souligner le retour des assureurs, institutionnels et caisses de retraite, qui ont repris leurs allocations en private equity après une forte réduction en 2023. Si le private equity avait été victime collatérale d’arbitrages l'an dernier, "dans la mesure ou les taux d’intérêts ont amorcé une diminution, les investissements dans notre classe d’actif reprennent progressivement.", explique Bertrand Rambaud.  

 

Le Venture & Growth à la peine 

   

En termes de taille, il faut noter l’absence de levées de plus d’un milliard d’euros, mais une légère progression des levées de 100 millions d’euros à 1 milliard d’euros, alors que les closings inférieurs à 100 millions d’euros ont ralenti. 

Autre point notable, négatif, les levées de fonds dans l’innovation et par voie de conséquence dans les sociétés innovantes ont fortement reculé. Malgré quelques exceptions, les levées de fonds en venture & growth sont difficiles. En parallèle, les cessions demeurent encore à un niveau insuffisant. "A l’exception d’une période il y a quelques années, le venture s’inscrit dans le temps", explque Bertrand Rambaud.

Le risque est alors que les investisseurs deviennent impatients aussi par rapport à ces évolutions, le cycle du venture étant différent de celui du LBO. Or, "alors que la French Tech a connu une décennie de croissance impressionnante et de performances exceptionnelles, il serait très regrettable que le soutien à ces entreprises en phase de transition se tarisse", prévient le président de France Invest. 

D’une façon générale, y compris hors venture, les cessions n’ont pas encore retrouvé leur rythme. Dans un contexte d’attentisme pour les acquéreurs et les vendeurs, leur nombre a ralenti au premier semestre 2024, même si les montants cédés sont demeurés stables à 4,6 milliards d’euros. 

 

Saisonnalité 

 

Toutefois, la saisonnalité laisse espérer une amélioration. "En général, le second semestre est toujours plus dynamique que le premier, ce qui pourrait favoriser les sorties dans les mois à venir”, indique Bertrand Rambaud. " Deux mois sont importants en particulier, juillet et décembre. Et bien que les chiffres ne soient pas encore connus, "on sent qu’il y a de nombreuses opérations en cours ou qui se préparent ", laissant augurer "une volumétrie plus forte au second semestre ", indique-t-il. 

A condition toutefois que l’instabilité politique ne vienne pas tout geler. Pour l’instant, " les transactions de taille moyenne passent à travers les gouttes politiques ", indique le président de France Invest. Alors que le projet de loi de finance pour 2025 continue d’être débattu à l’Assemblée nationale, si "les mesures annoncées n'ont pas à ce stade d'effet catastrophique", il s’agit néanmoins pour l'association qui rassemble plus de 440 sociétés de gestion de fonds de "défendre les entrepreneurs et ceux qui les accompagnes".

Le risque est celui de mesures fiscales contradictoires qui constitueraient un ensemble non cohérent, alors que les fonds, qui investissent sur des horizons de 5 à 7 ans, voire davantage, ont besoin de pouvoir compter sur une vision stable dans le temps. 

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