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Amundi franchit déjà le cap du milliard d’euros de bénéfice / Malgré l’ombre d’une surtaxe fiscale

Portée par une forte croissance de ses revenus et un effet ciseau favorable, Amundi a enregistré un bénéfice historique de plus d’un milliard d’euros sur neuf mois. Si la future surtaxe du gouvernement Barnier pourrait venir amputer ce bénéfice exceptionnel, la firme n’en poursuit pas moins sur sa trajectoire ascendante, profitant tout à la fois de la hausse de ses commissions de gestion, d’une collecte soutenue par la montée en puissance des coentreprises asiatiques, et de son efficacité opérationnelle.
Valérie Baudson, la directrice générale d'Amundi - Photo by Vernon Yuen / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Valérie Baudson, la directrice générale d'Amundi - Photo by Vernon Yuen / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un symbole important. La filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole est parvenue à dégager un résultat net ajusté de plus d’un milliard d’euros sur les neuf premiers mois de 2024. "Une première dans l’histoire d’Amundi" à ce stade de l’année, a souligné Valérie Baudson, directrice générale d'Amundi, lors d’une conférence téléphonique. A la même époque en 2023, ce même résultat s’était élevé à 910 millions d’euros.

Néanmoins, il faut s’attendre à ce que le bénéfice record vers lequel se dirige Amundi pour 2024 se voie ponctionné de manière plus importante qu’à l’accoutumée. La firme a effectivement confirmé que la surtaxe d’impôt sur les sociétés prévue par le gouvernement Barnier s'appliquerait bien à elle étant donné que son chiffre d'affaires réalisé en France (au sens fiscal) dépasse les 3 milliards d'euros. Ce qui inquiète visiblement les investisseurs, l’action Amundi reculant de près de 4% mercredi, à 68 euros, malgré de solides résultats.

 

Effet de ciseau

 

Car au-delà de ce facteur fiscal hors de contrôle, la croissance de la dernière ligne du compte de résultat a été particulièrement soutenue au troisième trimestre, marquée par une hausse de 16,1% (après 7,7% au premier semestre), à 337 millions d’euros. Une performance aidée par l’intégration depuis le deuxième trimestre du gestionnaire d’actifs indépendant Alpha Associates spécialisé dans les solutions d'investissement multi-gestion en actifs privés. Pour autant, l’importante progression du résultat "provient essentiellement de la croissance organique des revenus, amplifiée par l’efficacité opérationnelle, qui a permis de dégager un effet ciseaux positif, et par la très forte dynamique des joint-venture asiatiques", souligne le groupe.

De fait, les revenus nets ajustés ont augmenté de 10,5%, s’établissant à 862 millions d’euros. La société a pu compter sur une croissance soutenue de ses commissions nettes de gestion. En hausse de 9,2% par rapport au troisième trimestre 2023, celles-ci se sont établies à 805 millions d’euros. Par ailleurs, les commissions de surperformance ont doublé par rapport au troisième trimestre 2023, s’élevant à 20 millions d’euros, tandis que les revenus d’Amundi Technology, la ligne métier d'Amundi dédiée aux produits technologiques et aux services, ont bondi de 41,8%, à 20 millions d’euros également.

En matière d’efficacité opérationnelle, l’effet de ciseau s’avère effectivement positif, la hausse 7,4% des charges d’exploitation restant inférieure à la progression de 10,5% des revenus. Et, à fin septembre 2024, le coefficient d'exploitation (qui rapporte les charges d’exploitation aux revenus) s'établissait à 52,9%, conformément à l'objectif du plan 2025 de le maintenir sous 53%.

 

Collecte nette de 2,9 milliards

 

L’autre record historique revendiqué par Amundi concerne les encours sous-gestion, qui, à 2 192 milliards d’euros, n’ont jamais été aussi élevés. A l’heure où la concurrence française opère un rapprochement pour peser davantage, Amundi garde ainsi une bonne longueur d’avance sur ses poursuivants tricolores et européens. La société a profité au cours du trimestre écoulé d’un effet marché et change positif de 32,5 milliards d'euros, et "d’une collecte nette active de 2,9 milliards d’euros, supérieure aux 2,3 milliards d’euros anticipés par le consensus", observent les analystes de Jefferies. La performance est notable sachant qu’Amundi a enregistré au troisième trimestre la sortie d’un gros mandat de 11 milliards d’euros avec un assureur européen, en multi-actifs, heureusement faiblement margé.

La très forte dynamique commerciale des coentreprises asiatiques y a largement contribué, celles-ci ayant généré une collecte de 5,3 milliards d’euros. Car les évolutions s’avèrent contrastées par ailleurs. Du côté de la gestion passive, Amundi a enregistré des entrées nettes de 3,8 milliards d'euros, la collecte sur les fonds indiciels cotés (+7,8 milliards) compensant la décollecte sur la gestion indicielle et smart beta (-4 milliards). En gestion active, la firme a collecté 10,8 milliards d'euros sur la gestion obligataire mais a subi une décollecte de 15,7 et 2,3 milliards d'euros respectivement sur la gestion diversifiée (dont le mandat perdu auprès de l’assureur européen évoqué plus haut) et la gestion actions.

De fait, la configuration de marché " favorise la gestion obligataire", a expliqué Valérie Baudson. Toutefois, la pentification attendue de la courbe des taux devrait progressivement se faire sentir. Selon la dirigeante, "la baisse des taux progressive devrait permettre de voir le retour des clients vers des solutions plus risquées à base d'actions, courant 2025".

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