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Eurazeo : un modèle centré sur la gestion pour compte de tiers qui prend forme / Bond de la collecte et essor de la dette privée
Eurazeo a franchi au troisième trimestre une nouvelle étape vers son nouveau modèle économique. Cela va faire un an que la société d’investissement a lancé sa stratégie focalisée sur la gestion pour compte de tiers et force est de constater que la mutation commence à se voir.
La répartition des actifs sous gestion (AUM) évolue progressivement. Sur un total de 35,5 milliards d’euros au 30 septembre, en hausse de 7% sur un an, les AUM pour compte de tiers ont augmenté de 12%, à 25,23 milliards d'euros, tandis que ceux provenant du bilan (comprenant donc le portefeuille d’investissements en propre porté au bilan) ont diminué de 4%, s’établissant à 10,3 milliards d’euros. Parmi les actifs sous gestion générant des commissions (Fee Paying AUM), les AUM en provenance de tiers ont augmenté de 12%. Ils s’élèvent désormais à 26 milliards d’euros.
Une dynamique principalement attribuable à l'activité de dette privée, qui a enregistré une hausse de 26% sur un an de ses encours sous gestion. "L'ensemble de nos activités de crédit et de dette représentent désormais environ 25% de nos actifs sous gestion, contre 20% il y a quelques années", souligne à WanSquare William Kadouch-Chassaing, co-président d’Eurazeo.
Nerf de la guerre
Le nerf dans la guerre de cette évolution est bien sûr la collecte, et les trois mois de juillet à septembre ont été particulièrement fastes en la matière. Il s’agit d’ailleurs de "l’élément le plus important et le plus positif de ces résultats", souligne le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Alors que l’année avait commencé timidement, Eurazeo est parvenu au troisième trimestre à poursuivre sur sa lancée du deuxième trimestre avec 3 milliards d’euros levés sur les neuf premiers mois 2024, en hausse de 76% sur un an.
Là encore, c’est l’activité de dette privée, qui joue le rôle de locomotive. Sur neuf mois, celle-ci a levé 1,9 milliard d’euros, contre 911 millions d’euros sur la même période l’an dernier. Le Private Equity a également retrouvé son dynamisme, avec 1 milliard d’euros de fonds levés depuis le début de l’année, contre environ 600 millions d’euros en 2023 à la même époque.
Autre point favorable, les efforts menés par le groupe pour internationaliser sa base de clientèle LP institutionnels, dont la récente ouverture d’un nouveau bureau au Japon une illustration, portent leurs fruits : près de 70% des fonds collectés sur les neuf premiers mois de 2024 provenaient ainsi de l’étranger, notamment d’Asie et d’Europe Continentale. Et ce, tandis que la collecte "Wealth Solutions" auprès de la clientèle de particuliers, se poursuit à bon rythme. Dans ce domaine de l’ouverture du capital investissement aux particuliers, dans lequel Eurazeo fait figure de précurseur, l’activité Wealth Solutions représente 4,8 milliards d’euros, soit 19% des AUM en provenance de tiers. C’est fort de ces tendances favorables qu’Eurazeo a annoncé mercredi anticiper une collecte autour de 4 milliards d’euros en 2024, contre 3,5 milliards d’euros en 2023.
Des cessions multipliées par trois à 2,4 milliards d’euros
La transition vers le nouveau modèle d’Eurazeo s’opérant au fur et à mesure des cessions, le groupe tient aussi ses engagements sur ce plan, avec 2,4 milliards d’euros de réalisations sur les neuf premiers mois, un montant près de trois fois supérieur à la même période de 2023. Il s’agit d’ "une performance remarquable dans un contexte de reprise qui demeure assez progressif en matière de M&A, et probablement plus graduel que ce que nous avions tous anticipé" après le bas de cycle de 2022", tient à souligner William Kadouch-Chassaing, et qui "témoigne de la qualité de nos actifs", ajoute-t-il. En parallèle, le groupe a continué d’investir activement : les déploiements ont progressé de 5% et totalisent 3,2 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de 2024.
Malgré cette activité soutenue, le cours de Bourse d’Eurazeo a reculé de 1,8% mercredi, à 67,55 euros. Sur la base d’un actif net réévalué calculé à 116 euros par action par le cabinet Oddo BHF, la décote dépasse toujours les 40%.
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