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Levées de fonds

Levées de fonds

Hi inov mise sur Trace for Good / Une climate tech alignée sur sa stratégie d’investissement

La société de gestion de portefeuille, filiale du groupe Dentressangle, fait entrer Trace for Good dans son portefeuille. Une entreprise aux ambitions européennes, placée sur un segment de marché porteur et soutenu par la réglementation, correspondant ainsi à certains des grands axes de la stratégie d'investissement de Hi inov.
(Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

La croissance de la réglementation demande bien souvent aux entreprises des efforts de mise en adéquation. Mais certaines d’entre elles peuvent aussi profiter des tendances qu’elles créent pour soutenir leur activité. C’est notamment le cas de Trace for Good, une start-up lancée en 2022 par Léa Gillet et Laura Bréban, dont la proposition permet aux marques de l'industrie textile de mieux gérer les données de traçabilité et de conformité. Elle vient de lever 3,5 millions d’euros au travers d’un tour de table mené par la société de gestion de portefeuille Hi inov, filiale du groupe Dentressangle et Ankaa Ventures, aux côtés de CS Ventures et des investisseurs historiques de la start-up.

Le tout dans un contexte où le paysage réglementaire lui apparaît favorable. Il y a la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), qui vise notamment à porter des modes de consommation plus responsables au travers d'une transparence accrue des données des produits. Ou encore le règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts, également, concernant (entre autres) certains produits dérivés comme le cuir et le caoutchouc, qui obligera par exemple les entreprises à mener des diligences renforcées avant d’importer ou d’exporter des produits sur les marchés européens. De quoi mettre la traçabilité et la transparence au cœur des chaînes d’approvisionnement et, pour Trace for Good, se positionner sur un marché effectivement en pleine expansion.

 

Un levier

 

"Les normes peuvent aussi permettre aux entreprises européennes de protéger leur développement ou bien de se retrouver en avance sur leur secteur. Cela devient un avantage non négligeable lorsque l’on cherche à s’internationaliser", explique à WanSquare Valérie Gombart, co-fondatrice et directrice générale de Hi inov. Et d’illustrer son propos à l’aide d’une des participations de la société : "Deepki par exemple, a développé sa solution en étant porté par l’interdiction de louer des "passoires" énergétiques en Europe. Il est aujourd’hui leader mondial du pilotage des plans de décarbonation dans l’immobilier grâce à l’analyse des données".

Dans le détail, la solution de Trace for Good se répartit sur deux plateformes. La première offre aux marques et aux distributeurs le suivi de leurs produits tout au long des chaînes d’approvisionnement, ceci du produit final jusqu’à l’origine des matières premières. Une gestion de la traçabilité permise par des flux de données qui centralisent et vérifient les informations provenant des fournisseurs, de bases de données externes ou autre certifications reconnues. La seconde est quant à elle dédiée aux fournisseurs : ils peuvent y renseigner les données par eux-mêmes, afin de mutualiser les réponses aux clients. L’utilisation de l’intelligence artificielle permet par ailleurs de faciliter le remplissage, tout en détectant des incohérences.

Pour l’heure, l’entreprise s’adresse au marché du textile français. Les marques IKKS, Fusalp ou bien Courir figurent notamment parmi sa clientèle. Et grâce à ces nouveaux capitaux, l’entreprise se prépare aussi à s’étendre dans le secteur des biens de consommation et dans le reste de l’Europe, notamment au travers de partenariats stratégiques, comme celui noué avec l’anglo-saxon spécialiste de l’assurance qualité et de la certification, Intertek.

 

Des spécificités

 

Un axe de développement hors des frontières françaises dont Hi inov a fait l’une de ses spécialités. Il faut dire que cet aspect européen figure dans son ADN : le fonds de capital-innovation est franco-allemand, possède un bureau à Paris et l’autre à Munich. "Nous préconisons à nos participations de s’internationaliser dès la série A. Il faut se mettre dans cet état d’esprit et le faire avec sérieux, avec une équipe dédiée"  observe Valérie Gombart. D’autant que tous les marchés européens possèdent leurs propres spécificités. Par exemple, "le marché allemand est traditionnellement plus conservateur et répond à des exigences différentes. Avoir un produit robuste répondant aux normes de sécurité et un track record auprès de clients réputés sera privilégié par rapport à l'innovation", poursuit-elle.

Avec cette nouvelle participation, Hi inov marque ainsi le quatrième investissement de son troisième véhicule, Hi inov 3. Il a déjà participé aux levées de fonds du spécialiste de la mise en conformité au règlement RGPD Dipeeo, de la start-up experte de l'évaluation des risques en cybersécurité Anozr Way et de l'entreprise allemande Kenjo, proposant de son côté une plateforme de gestion de ressources humaines. Soit le type d'outils de productivité pour le reste de l'économie sur lesquels Hi inov mise.   

A date, la société dispose de plus de 350 millions d'euros d’actifs sous gestion tandis que son portefeuille compte une trentaine de sociétés européennes, dont certaines bien connues dans la French Tech comme Deepki, donc, mais aussi 360 Learning, ou encore Platform.sh.

 

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