WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Start-up / Private Equity / Jeito Capital / Rafaèle Tordjman

Start-up / Private Equity
Jeito Capital / Rafaèle Tordjman

Jeito Capital renforce son pari sur les anticorps d'Alentis contre le cancer / 164,5 millions d'euros pour un troisième financement

Avec un nouveau tour de financement de 164,5 millions d’euros pour Alentis Therapeutics, Jeito Capital renforce son rôle d’acteur clé du financement des biotechnologies visant à créer des champions européens. En soutenant cette  biotech franco-suisse, Jeito Capital mise sur une cible thérapeutique inédite, promettant des percées majeures dans le traitement des cancers et des maladies fibrosantes.
Rafaèle Tordjman, MD, PhD, Fondatrice et Présidente de Jeito Capital
Rafaèle Tordjman, MD, PhD, Fondatrice et Présidente de Jeito Capital

Chez Jeito Capital, création de valeur et refinancement vont de pair. Depuis 2020, la société d'investissement dédiée aux biopharmas a accompagné 14 entreprises, dont la moitié ont bénéficié de refinancements stratégiques à des étapes clés, le but étant d’accompagner la croissance de sociétés dont la valeur des recherches sur de nouveaux traitements expérimentaux a été prouvée.

"Ces refinancements renouvelés s'inscrivent pleinement dans notre stratégie visant à soutenir dans la durée nos sociétés en portefeuille à travers un apport significatif de capital réinvesti à chaque étape de création de valeur.", rappelle à WanSquare Rafaèle Tordjman, MD, PhD, Fondatrice et Présidente de Jeito Capital.

Jeito vient ainsi tout juste de co-diriger le nouveau tour de financement (série D) de 164,5 millions d’euros de la société de biotechnologie franco-suisse Alentis Therapeutics, dont le fonds avait également co-dirigé les deux précédentes séries B (2021) et C (2023).

 

Un positionnement thérapeutique à fort potentiel

 

Alentis Therapeutics a pour particularité d'être à la pointe du domaine en pleine ébullition des conjugués anticorps-médicament (Antibody-Drug Conjugates ou ADC en anglais).

Pour comprendre l’enjeu, rappelons que les anticorps monoclonaux sont devenus en une vingtaine d'année des traitements incontournables contre le cancer. Ils agissent comme un "hameçon" qui se fixe uniquement sur les cellules cancéreuses ce qui permet de réduire les dommages aux cellules saines. Leurs modes d'action sont variés : par exemple, certains anticorps monoclonaux, en se liant à des antigènes présents à leur surface, vont inhiber des signaux de croissance importants pour la tumeur, d'autres peuvent marquer les cellules cancéreuses pour qu'elles soient reconnues et détruites par les cellules du système immunitaire.

Les ADC vont un cran plus loin. Ils combinent un anticorps monoclonal avec une molécule cytotoxique (ou toxine) via un lien chimique. L'anticorps agit comme un "missile guidé", dirigeant la toxine directement vers la cellule cible pour la détruire, ce qui augmente l'efficacité thérapeutique.

Ce concept a ouvert des opportunités commerciales et médicales énormes, avec un marché en pleine essor, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. C'est ainsi que Pfizer a fait l'acquisition en 2023 de Seagen pour 43 milliards de dollars, Seagen étant l'un des leaders dans le développement des ADC.

 

Double champ d’action

 

Et dans ce domaine, Alentis Therapeutics dispose d’un positionnement jugé très prometteur. "Alentis est l'acteur le plus avancé et l'une des rares biopharmas, voire l'unique, travaillant sur la Claudin-1.", explique à Wansquare Rafaèle Tordjman, MD, PhD, Fondatrice et Présidente de Jeito Capital.

Les protéines Claudin, et en particulier la Claudin-1, jouent un rôle essentiel dans l'étanchéité des tissus en agissant comme des 'jonctions' entre les cellules. Dans certains cancers, ces protéines se retrouvent modifiées ou produites en excès, ce qui peut favoriser la dissémination des cellules cancéreuses vers d'autres parties du corps.

Si Alentis Therapeutics s'est intéressée à cette protéine spécifique, c’est parce qu'elle est bien exprimée dans de nombreux types de cancers, mais également dans des tissus affectés par des maladies comme la fibrose.

Au départ, les recherches du laboratoire sur la Claudin-1 étaient même principalement axées sur les maladies fibrosantes. Puis, "avec nos refinancements successifs, Alentis a progressivement élargi son champ d'action, développant non seulement des traitements contre la fibrose, mais aussi contre le cancer, notamment grâce à ses molécules de type ADC.", explique la dirigeante de Jeito.

Autre atout, avec la Claudin-1, Alentis se démarque avec une cible encore inexploitée. Dans le domaine de la recherche sur les protéines Claudin, il faut savoir que de nombreux laboratoires se sont investis dans le développement de traitements basés sur une autre cible, la Claudin 18.2, devenue très concurrentielle. Or, étant présente dans une plus grande variété de tumeurs, la Claudin-1 offre un plus fort potentiel thérapeutique.

 

OrbiMed et Novo au tour de table

 

Et la société dispose donc, avec son dernier tour de table, des moyens de poursuivre ses développements et démontrer davantage sa proposition de valeur.

On notera que Jeito Capital figure pour ce nouveau tour de financement aux côtés d'acteurs de renom tels qu'OrbiMed, l'un des plus grands fonds d'investissement spécialisés en biotechnologie aux États-Unis, et de Novo Holdings, filiale du géant pharmaceutique danois Novo Nordisk. Une alliance avec des acteurs prestigieux qui renforce la crédibilité de Jeito dans le secteur et prouve son rôle de catalyseur dans le financement d'entreprises innovantes comme Alentis.

D’autres fonds américains respectés du secteur ont également rejoint le tour de table à l’occasion de ce nouveau tour de table. Il s’agit de Frazier Life Sciences, Longitude Capital, Catalio Capital, Piper Heartland Healthcare Capital, et Avego Bioscience Capital.

Les actionnaires existants, RA Capital Management, Morningside Venture Investments, BB Pureos, Bpifrance à travers le fonds InnoBio 2 et d’autres investisseurs institutionnels de la première heure ont également renouvelé leur participation.

Tout en poursuivant ses financements, Jeito mène une gestion active de son portefeuille. Bien que très jeune, le fonds a déjà réalisé plusieurs cessions marquantes, avec en particulier les ventes annoncées en 2024 de la société de biotechnologie ophtalmologique EyeBio à Merck & Co pour un montant potentiel de 3 milliards de dollars, et celle de HI-Bio à Biogen pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars en 2024.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article