Droit des sociétés / Anne-Laure Laroussinie / Cabinet d'avocats d'affaires / Osborne Clarke
Droit des sociétés
Anne-Laure Laroussinie / Cabinet d'avocats d'affaires / Osborne Clarke
L’implication et la bienveillance, les lignes de conduite d’Anne-Laure Laroussinie /
L’humain, le critère numéro un de choix de carrière pour l'associée d'Osborne Clarke
S’il fallait choisir un qualificatif pour définir Anne-Laure Laroussinie, avocate en M & A, le mot "déterminée" lui conviendrait bien. Celle qui fut cooptée, en mars dernier, associée au sein du cabinet Osborne Clarke à Paris, a su aller au bout de son ambition. "J’ai toujours eu en moi cette fibre entrepreneuriale, participer à un projet consistant à diriger des équipes et à gérer des clients. Je sais ce que je veux et je donne tout pour parvenir à mes objectifs ", avoue à WanSquare l’avocate de 39 ans.
Un bureau de Paris exemplaire
Toutefois, Anne-Laure Laroussinie a parfois été empreinte au doute. Elle a même songé un temps quitter la robe pour se lancer dans d’autres projets entrepreneuriaux. Cette mère de deux enfants sait que la profession d’avocate est exigeante, notamment dans la pratique du M & A qui demande un engagement constant, une disponibilité de chaque instant pour les clients, et plus particulièrement pour les femmes. "Dans ma spécialité, il est très difficile d’anticiper les évènements ", souligne celle qui a toujours placé l’humain en tête de ses critères de choix de carrière et qui se félicite que le bureau de Paris d’Osborne Clarke compte 60 % d’avocats féminines et dont trois (avec Catherine Olive, co-managing partner du bureau de Paris) des quatre associés de la pratique M & A sont aussi des femmes. "Les femmes sont très largement représentées dans toutes les pratiques. Au sein du réseau, nous faisons un peu figure d’exception ", sourit-elle.
Pour évoluer professionnellement, il faut donc être bien entouré, ce qui fut le cas d’Anne-Laure Laroussinie. "Ma rencontre avec David Haccoun, mon mentor et associé au cabinet, est très clairement la plus importante de ma vie professionnelle. Il m’a poussée à avoir une très grande ambition tout au long de ma carrière et s’est très investi dans ma formation. En retour, mon engagement envers lui a toujours été total. J’ai besoin en outre de stabilité dans un monde où le turn-over est très présent dans les cabinets d’avocats d’affaires et où certains décident de rejoindre des entreprises ", confie-t-elle.
Mobilisation générale
A la fin de son Master 2 juriste d’affaires à l’Université Paris-Sud, en temps partagé avec l’EDHEC Business School et l’Université de Montréal où elle étudiera également, et après avoir vécu quelques expériences en entreprises (notamment chez Sanofi et Total) mais aussi en cabinets d’avocats à Paris, à Londres et aux Etats-Unis - "des petits, des grands, en France, à l’étranger, tout pour me faire une idée de ce qui pouvait me plaire pour mon avenir", explique Anne-Laure Laroussinie -, elle rejoint Baker McKenzie pour son stage final. "Ce fut la révélation, j’ai adoré cette maison, à la dimension très internationale, où j’ai pu bénéficier d’une excellente formation. Si bien que j’ai décidé d’y faire mon stage final de l’école d’avocats et c’est au sein de ce cabinet que j’ai d’ailleurs débuté ma première collaboration. Collaboration au cours de laquelle j’ai rencontré David qui y exerçait depuis quelques années et rentrait de New York. J’ai rapidement senti que je pouvais avoir confiance en lui. C’est pourquoi j’ai décidé d’y faire mon stage d’avocate une fois le diplôme en poche", nous relate-t-elle.
Son premier dossier : le "spin-off" de la big pharma Abbott-Abbvie. "Nous étions peut-être une quarantaine de bureaux du cabinet sur le ‘kick off call’du projet. Le bureau américain qui pilotait la réunion n’appelait pas les associés par leur nom mais les distinguait par leur positionnement géographique, c’était France, Singapour, etc. Ce fut très impressionnant et enthousiasmant de comprendre que l’on pouvait réunir autant de compétences à la construction d’un seul projet industriel. Je ne sais pas comment le dire, mais j’avais l’impression de vivre une assemblée générale de l’ONU", se souvient celle qui s’est depuis spécialisée dans le M & A transactionnel en small et mid cap industrielles, et notamment sur les secteurs transport, retail et digital.
Oser saisir sa chance
En 2016, à la naissance de son premier enfant, Anne-Laure Laroussinie s’interroge. Son mentor, David Haccoun, a quitté le cabinet depuis un an pour participer au développement du bureau parisien d’Osborne Clark, créé en 2013. "Devenir mère fut un bouleversement dans ma vie. Je souhaitais trouver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle tout en continuant à travailler dans un cabinet international. Et j’avais très envie de continuer à travailler avec David et retrouver d’autres associés, partis eux aussi, comme Stéphanie Delage (associée en corporate M & A), Thomas Devred (associé Santé et Sciences de la vie), Maxime Pigeon (co-managing partner Osborne Clark aujourd’hui) ", explique-t-elle, ajoutant, "j’avais envie de faire partie de cette aventure entrepreneuriale qui a tous les avantages d’un grand cabinet international, avec la force d’un réseau et d’une marque, tout en ayant une indépendance de décision, notamment sur les recrutements et les choix managériaux".
Sa promotion en qualité de counsel en 2020 sera un premier déclic dans sa carrière. "J’ai ressenti un engagement plus fort envers le cabinet et les clients ", indique Anne-Laure Laroussinie. Autre tournant décisif vers sa cooptation comme associée : sa formation au sein de l’association WIL (Women in Leadership) dont Osborne Clarke est partenaire. "Elle regroupe aussi bien des femmes du secteur privé que public, de tous les pays européens et de tous les secteurs d’activité confondus. Ce partenariat m’a donné accès à un réseau important. Dans ce programme nous étions 48 jeunes femmes, toutes avec des profils sélectionnés pour leur potentiel à diriger des équipes dans les milieux professionnels où chacune évoluait ", explique l’avocate.
Une formation d’un an au cours de laquelle elle participera à des séances d’échanges, en petits groupes. "Ma mentor était la directrice juridique d’Axens. Ces moments de discussion m’ont beaucoup rassurée et m’ont aidée à comprendre que je ne devais pas m’imposer de freins dans ma carrière. Elle m’a poussée à me dépasser et à oser demander à devenir associée au sein de mon cabinet ", poursuit-elle.
De la bienveillance envers la nouvelle génération
Sa cooptation se fera d’ailleurs de façon naturelle, Anne-Laure Laroussinie ayant travaillé avec la plupart des associés d’Osborne Clark depuis le début de sa carrière. "Nous nous connaissons tous très bien, nous avons construit, au fil des années, une relation professionnelle de confiance. La pratique du M & A m’a aussi permis de travailler quotidiennement avec d’autres équipes comme celle en charge de la fiscalité, ou du digital, pratique historique d’Osborne Clarke. Je fus en outre accompagnée, tout au long du processus, par Claire Bouchenard, associée en propriété intellectuelle, qui m’a aidée à réfléchir à ma place au sein de l’équipe M & A, mais aussi au sein du bureau de Paris et dans le réseau de la firme à l’international ", nous précise-t-elle.
Son avenir, Anne-Laure Laroussinie le voit bien évidemment chez Osborne Clarke. Elle souhaiterait d’ailleurs redonner un peu de ce qu’elle a reçu en s’inscrivant désormais dans un devoir de transmission pour la nouvelle génération d’avocats. "Je veux aider les collaborateurs du cabinet à s’épanouir dans la profession. C’est pourquoi nous essayons d’être à leur écoute, de prendre en compte leurs besoins et leurs envies. Nous tâchons en outre de réduire l’écart générationnel entre les jeunes avocats et les associés, l’idée étant de collaborer tous ensemble pour le bien des dossiers et pour construire un environnement sain où ils peuvent continuer à évoluer ", aspire Anne-Laure Laroussinie.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

