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L’euro numérique se dessine un peu plus / Entre souveraineté et appel à candidatures
Le Bitcoin fait de l’ombre à tous les autres cryptoactifs et pendant ce temps l’euro numérique avance. La Banque centrale européenne (BCE) a publié cette semaine un nouveau rapport d’étape concernant la phase préparatoire associée. On y apprend qu’elle "met à jour le recueil de règles relatives à l’euro numérique à la suite d’une évaluation conjointe auprès de consommateurs, de commerçants et de prestataires de services de paiement ". On précise bien du côté de Francfort que le Conseil des gouverneurs de la BCE "ne se prononcera sur la possible émission d’un euro numérique qu’une fois la législation correspondante adoptée".
Les avantages pour les systèmes européens régionaux et nationaux sont une des clés de voûte de l’argumentaire déployé, il est en effet argué que le projet pourrait leur permettre "d’étendre la fourniture de leurs services de paiement en monnaie bancaire commerciale à l’échelle européenne en utilisant le réseau d’acceptation de l’euro numérique". Dans le même temps, il est fait état que cela "élargirait également l’offre de moyens de paiement privés et publics au niveau européen, soutenant ainsi la souveraineté monétaire et l’autonomie stratégique".
Une thématique qui est chère à la BCE, cette dernière regrettant que "le paysage actuel des paiements en Europe manque d’une solution de paiement numérique de détail paneuropéenne". Pour elle la popularité "croissante des portefeuilles numériques fournis par des acteurs non européens pose un défi supplémentaire". De quoi s’inquiéter de la dépendance à des acteurs internationaux du Vieux continent, en matière de paiements.
Dialoguer
L’institut d’émission insiste sur le fait que la "mobilisation des parties prenantes dans l’ensemble de la zone euro reste une priorité en appui des délibérations législatives en cours", de quoi afficher une volonté de rester particulièrement attentif au secteur bancaire qui peut légitimement redouter les conséquences du projet. Comme preuve de ses dialogues constants avec les différents acteurs, on rappelle à Francfort qu’il a été "organisé une session de réflexion en ligne, à laquelle ont participé plus de 1 000 experts du secteur financier, pour faire le point sur l’avancement du projet d’euro numérique, l’élaboration du règlement de l’euro numérique et l’impact et les opportunités d’un euro numérique pour le secteur financier".
La méthodologie relative aux limites de détention de l’euro numérique est annoncée en élaboration, avec la collaboration des autorités nationales et des différentes banques centrales composant l’Eurosystème, afin de déboucher sur un premier test à l’horizon 2025. Les différents intervenants de marchés devraient y être associés.
Étoffer
Prudence est mère de vertu et tout particulièrement ici au vu de l’importance du projet, on retrouve cette logique dans la communication de la BCE. Notamment en ce qui concerne son appel à candidatures portant sur de potentiels fournisseurs de composantes de l’euro numérique et de services associés, où il est annoncé qu’une série de candidats sélectionnés ont été invités à répondre à l’appel d’offres. Les résultats devraient être connus l’an prochain.
On fait feu de tout bois à côté de Francfort où on annonce également vouloir avancer sur la compréhension des préférences des utilisateurs avec des "consultations quantitatives et qualitatives [qui] sont prévues dans les mois à venir, y compris des enquêtes en ligne et des entretiens. Elles cibleront des groupes spécifiques, tels que les petits commerçants et les consommateurs vulnérables". Là encore, les résultats seront publiés à la mi-2025.
Enfin, le test des paiements conditionnels, définis comme ceux s’effectuant de façon automatique selon des conditions prédéfinies, est prévu afin d’avancer sur "d’autres cas d’usage innovants pour un euro numérique".
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