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Entreprises / Actions / Tour de France de nos industries / Bpifrance / French Fab / Barcodis

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Tour de France de nos industries / Bpifrance / French Fab / Barcodis

Le "Tour de France de nos industries" se clôture sur le plateau de Saclay / Terminus chez Barcodis pour le bus aux couleurs de la French Fab

C’est à Villebon-sur-Yvette, sur le plateau de Saclay, que le "Tour de France de nos industries", lancé en septembre par Bpifrance et OPCO 2i, a marqué sa dernière étape. L’occasion d’organiser une nouvelle opération séduction des divers métiers envisageables dans l’industrie à l’intention de potentielles jeunes recrues, en leur ouvrant les portes de l’usine de Barcodis, cassant les clichés qui pèsent encore sur un secteur dont le renouveau et la multiplication se sont imposés comme une priorité économique. Mais dont le recrutement reste pourtant le talon d’Achille.

Créer des vocations, susciter l’envie des plus jeunes, promouvoir des métiers. Au cœur d’une industrie française où plus de 60 000 postes restent vacants, tandis qu’un million d’entre eux devraient être à pourvoir d'ici dix ans, redonner ses lettres de noblesse à l’attractivité du secteur semble bien s’imposer comme une priorité pour atteindre les objectifs de réindustrialisation du pays. Jeudi, alors qu’une classe de lycéens de terminale était invitée à visiter l’usine de Barcodis à Villebon-sur-Yvette, sur le plateau de Saclay, dans le cadre de la treizième étape du "Tour de France de nos industries" de Bpifrance et OPCO 2i, les élèves n’étaient d’ailleurs pas vraiment enclins à se projeter dans cet univers en début de matinée.

À la question "que voulez-vous faire plus tard ?", les réponses s’enchaînent : du marketing, de la vente, du droit… ou même de la gestion de copropriétés. Et pourtant, au fil de la visite, les questions se font de plus en plus nombreuses et l’intérêt des lycéens s’amplifie. Tout d’abord parce que la multitude de fonctions à occuper dans une usine - des achats aux développeurs, en passant logiquement par les ateliers de production, les services techniques ou de ventes - se dessine.

À renfort d’exemples parlants, comme celui de l’industrie textile du luxe ou encore de la production de médicaments, les différents intervenants illustrent aussi la manière dont l’industrie est en fait plus répandue qu’il n’y paraît, car diffuse dans une multitude de couches de l’économie. Le site de Barcodis, également, est bien loin de celui qu’il est possible de se représenter dans un imaginaire plus daté. Il est moderne, lumineux, possède des espaces collectifs. "Il est autosuffisant, nous avons des panneaux solaires, un système de récupération d’eau de pluie", nous fait aussi remarquer le président de l’entreprise, Fabrice Coevoet.

 

La valeur ajoutée

 

Générant 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et avec quelque 150 personnes au sein de ses effectifs, dont 30 % de femmes, Barcodis conçoit et produit des solutions d’identification et de traçabilité. L’entreprise est par exemple à l’origine de la création d’un robot d’étiquetage flexible, permettant d’en imprimer et d’en déposer plusieurs sur un même produit, d’une imprimante à QR code ou de plusieurs suites de logiciels destinées à l’édition automatique d’étiquettes ou d’inventaires. Parmi les convaincus ? Hermès, le Printemps, des acteurs pharmaceutiques ou encore agroalimentaires. Ce type "d’industrie de pointe à forte valeur ajoutée", comme le qualifie Jérôme Bouquet, le directeur du réseau Île-de-France de la banque publique d’investissement, est pourtant bien celui qui domine majoritairement la nouvelle industrie française.

Les entreprises qui émergent dans le domaine sont surtout de cette espèce, ce qu’il conviendrait de pouvoir populariser pour casser les clichés et agir sur l’emploi. "Les différentes enquêtes que nous menons auprès des dirigeants le prouvent. Le premier des problèmes dans l’industrie n’est pas celui des financements ou des débouchés, mais bien celui du recrutement", remarque Jérôme Bouquet. D’où l’intérêt de sensibiliser les plus jeunes publics à la technicité et à la modernité de l’industrie d’aujourd’hui, ainsi qu’à la variété des métiers qu’elle propose. Et, enfin, au niveau de rémunération attractif qui y est en vigueur.

 

Lieu de choix

 

Le plateau de Saclay était d’ailleurs un endroit tout trouvé pour mettre ce genre d’industrie innovante à l’honneur. Les 30 kilomètres carrés qu’il représente concentrent plus de 20 % de la recherche publique et 30 % de la recherche privée, a souligné Ségolène Dufour-Genneson, directrice de la French Tech Paris-Saclay, lors de la clôture de la matinée. Une matinée qui aura donc été la dernière de ce type pour cette tournée qui a planté son premier drapeau à Lyon, au mois de septembre, avant de poursuivre son trajet en passant par Grenoble, Marseille, Béziers, Bordeaux, Nantes, Rennes, Serquigny, Reims, Dijon, Chartres, Valenciennes et enfin Villebon-sur-Yvette dans l’Essonne, chez des grands noms connus, comme STMicroelectronics ou Arkema, ou bien chez de plus petits acteurs innovants.

Le principe aura été le suivant : grâce à un bus bleu, aux couleurs de la communauté French Fab de Bpifrance réunissant les acteurs de l’industrie, collégiens, lycéens et étudiants étaient successivement amenés à visiter un site industriel, à participer à des ateliers, à échanger avec les dirigeants et les collaborateurs. La genèse du projet, donc organisé grâce à une alliance avec OPCO 2i (l’Opérateur de compétences inter-industriel, dont la mission est d’anticiper les grandes orientations de la formation professionnelle et construire les métiers de demain) était claire. Soit de tenter de démystifier un secteur encore soumis à certains clichés d’antan, et pourtant essentiel à de multiples égards - la souveraineté, la transition écologique ou bien la valorisation des territoires, entre autres.

Une initiative qui s’inscrit logiquement dans les actions menées par Bpifrance en faveur de la réindustrialisation, alors même que le plan industriel de la banque prévoit de déployer 35 milliards d’euros en ce sens entre 2024 et 2028, notamment parce qu’elle est un des grands opérateurs du plan d’investissement public France 2030. Mais cette nouvelle industrie aura bien besoin de collaborateurs pour émerger. Et pari gagné pour Barcodis, puisqu’un des lycéens présents s’est montré intéressé par un contrat d’alternance à l’issue de la matinée.

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