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Parité : la Banque d'Angleterre montrée du doigt

La présidente de la commission du Trésor à Westminster a averti la Banque d'Angleterre qu'elle pourrait s'opposer aux prochaines nominations au sein de la BoE, si elles ne respectaient pas davantage les critères de diversité et de parité.
parité - hommes - femmes - illustration
parité - hommes - femmes - illustration

La Banque d'Angleterre a beau être surnommée "la Vielle Dame de la Rue Threadneedle" à Londres, les femmes ne sont pas légion en son sein. Les députés britanniques, en tout cas, ont menacé de ne pas valider les prochaines nominations à la BoE si le critère de la parité n'était pas davantage pris en compte. Ainsi, la présidente de la Commission du Trésor à Westminster, Nicky Morgan, a affirmé hier que les progrès réalisés en termes de représentativité des femmes à des postes senior était "très décevants". Si la Commission du Trésor au Parlement a seulement un rôle consultatif concernant les nominations à la BoE (c'est le Trésor lui-même qui nomme), leur rejet de l'un ou l'autre candidat mettrait tout de même l'institution dans une position embarrassante, estiment les médias britanniques. 

Les deux derniers nommés en date à des postes seniors sont des hommes: Jonathan Haskel, nommé au sein du comité de politique monétaire, et Bradley Fried, comme président du comité directeur de la BoE. Ce dernier a d'ailleurs affirmé lors de son audition que l'institution devait faire davantage pour promouvoir la parité et qu'il espérait que la shortlist de candidats pour remplacer Mark Carney l'an prochain serait plus diverse et représentative qu'il y a six ans.

La nomination de l'actuel gouverneur en novembre 2012, dont le mandat avait débuté en juillet 2013, avait pourtant suscité beaucoup de commentaires à l'époque puisqu'il s'était agi du premier gouverneur non-britannique depuis la création de la Banque d'Angleterre en 1694. Le Canadien Mark Carney, qui devait initialement terminer son mandat en juin 2018, a annoncé il y a un an qu'il acceptait de le prolonger de 12 mois supplémentaires, afin d'assurer la transition au moment du Brexit. Les candidats à sa succession devraient donc commencer à se faire connaître d'ici la fin de cette année, et il faut espérer que plusieurs femmes soient sur les rangs. 

Car les banques centrales ne sont pas un exemple en termes de parité : si elles représentent 50,9% des effectifs au sein de l'institution suédoise, elles sont 40% à la Fed, moins de 30% à la BCE et seulement 3,4% à la Banque du Japon. La plupart des institutions ont pourtant mis en place des objectifs chiffrés pour rééquilibrer la proportion de femmes en leur sein, la Banque d'Angleterre s'étant fixée une cible de 35% de femmes à des postes de management d'ici 2020 et 50% de femmes parmi ses employés (contre 35% seulement de ses effectifs aujourd'hui).

De même, la BCE vise un objectif de 35% de femmes aux postes senior d'ici 2019, contre 27% actuellement. A ce titre, la succession de Mario Draghi et de deux autres membres du conseil des gouverneurs (Peter Praet et Benoit Coeuré), dont les mandats prendront fin en octobre 2019 pour le président, et mai et décembre constitueront un moment de vérité concernant les efforts de parité au sein de la BCE : pour l'instant, une seule femme siège au sein du Conseil, l'Allemande Sabine Lautenschlaeger.

La Banque d'Angleterre publie par ailleurs depuis trois ans un rapport sur l'écart salarial hommes-femmes au sein de ses employés, et a souligné l'an dernier qu'il était encore de 21%, principalement parce que les femmes sont sous-représentées aux postes senior. Il y a donc encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre non seulement la parité, mais également l'égalité de salaire au sein de la vieille institution et de la plupart de ses homologues internationaux. 

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