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Andrew Bailey remplace Mark Carney à la tête de la BoE
La Vieille Dame de Threadneedle Street a son nouveau gouverneur. Après plusieurs semaines de rumeurs sur le potentiel successeur de Mark Carney à la tête de la BoE, c'est finalement l'actuel directeur général de la FCA, l'équivalent de l'AMF français, qui prendra la tête de la Banque d'Angleterre. La directrice de la London School of Economics, Minouche Shafik un temps pressentie, a finalement été écartée pour laisser la place à ce spécialiste de la régulation financière, qui a passé près de 30 ans au sein de la BoE.
Andrew Bailey rejoint en effet la Banque d'Angleterre dès sa sortie de la LSE, en 1985, où il a notamment été notamment "chief cashier" sous Mervyn King, puis gouverneur adjoint en charge de la régulation prudentielle, de 2013 à 2016. En parallèle de ses fonctions à la BoE, il est nommé sous-chef de l'unité opérationnelle de la réglementation prudentielle et directeur des banques et des sociétés de crédit foncier du Royaume-Uni de la FCA en 2011. Andrew est ensuite nommé directeur général de la Prudential Business Unit, responsable de la surveillance prudentielle des banques, des banques d'investissement et des compagnies d'assurances. Il devient directeur général de la FCA en juillet 2016 et quitte la BoE pour la première fois de sa carrière.
Cet originaire de Leicester, âgé de 60 ans, est considéré comme "le candidat le plus remarquable dans un domaine compétitif" pour remplacer Mark Carney, a déclaré le Chancelier de l'Échiquier Sajid Javid ce matin, au moment de l'officialisation de sa nomination. "Sans aucun doute, il est la bonne personne pour diriger la banque alors que nous forgeons un nouveau futur en dehors de l'UE", a ajouté le ministre des Finances.
Andrew Bailey était pourtant en difficulté depuis quelques mois au sein de la FCA, après avoir commis une série d'erreurs : la dernière en date étant le mauvais usage de diffusions audios de certaines conférences de presse de la BoE, sur laquelle l'autorité va devoir enquêter les prochaines semaines. Le futur gouverneur a également été confronté à une série d'autres scandales en tant que régulateur, dont l'effondrement de la société London Capital & Finance, la disparition de l'empire financier de Neil Woodford, un investisseur britannique en disgrâce, et la fermeture du fonds immobilier de M&G Plc au début du mois.
Selon les calculs de Bloomberg, le futur gouverneur devrait recevoir 495.000 livres ($645.000) par an. C'est plus que le salaire de Carney, mais cela n'inclut pas les prestations retraite et de logement qui ont porté la rémunération de Carney à près de 900 000 livres. Les détails du régime d'avantages sociaux de M. Bailey n'ont pas encore été rendus publics, mais il ne recevra pas d'allocation pour son logement.
Le chancelier de l'Échiquier a par ailleurs insisté ce matin sur la nécessaire indépendance du futur responsable de la BoE, alors qu'il a été maintes fois reproché à son prédécesseur de prendre parti pour rester dans l'UE, la BoE ayant publié des prévisions économiques alarmistes sur l'après Brexit. "Il est essentiel que le gouverneur et tous ceux qui travaillent avec lui à la Banque d'Angleterre soient indépendants d'esprit", a-t-il dit. L'institution doit prendre "toutes les décisions qu'elle juge nécessaires sans aucune ingérence de la part d'un gouvernement, d'un politicien ou de tout autre organisme".
Malgré sa longue expérience au sein de la BoE, Bailey n'a jamais fait partie du comité d'établissement des taux d'intérêt de la banque centrale, ce qui signifie que ses opinions sur la politique monétaire sont largement inconnues. Rappelons que depuis le référendum du 23 juin 2016, la BoE a réduit les taux une fois puis les a relevés à deux reprises, soit une politique plutôt accommodante vu l'incertitude économique qui règne dans le pays depuis trois ans et demi. Aujourd'hui, deux des neuf membres du comité de politique monétaire demandent une réduction des taux. Il reviendra à Andrew Bailey de donner la direction monétaire de la BoE à partir du 16 mars prochain, qui sera largement fonction de l'évolution des négociations avec l'UE et de leur influence sur la conjoncture économique du pays.
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