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Femme CEO, un combat de longue haleine

Indra Nooyi, d’origine indienne et qui a dirigé Pepsi pendant 12 ans, part à la retraite et sera remplacée par son bras droit, Ramon Laguarta. Comme elle, plusieurs femmes ont quitté la tête de groupes du S&P 500, et moins de 5% d'entre elles dirigent un membre de ce prestigieux indice.
Pepsi
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Indra Nooyi fait partie de ces dirigeantes au parcours hors du commun, un parfait exemple de l’American Dream. Après une enfance dans le sud de l’Inde, où ses parents faisaient la queue pour des rations de riz lors des périodes difficiles, elle a failli ne pas pouvoir aller à Yale, où elle avait obtenu une bourse d’étude pour un master, car elle n’était pas encore mariée à 22 ans. Quarante ans plus tard et après 12 ans à la tête du géant Pepsi, elle vient d’annoncer passer le relais de son rôle de CEO à son bras droit, Ramon Laguarta.

Elle quitte ainsi une société qui fait face à des défis de taille comme la baisse durable de consommation des boissons et aliments trop sucrés ou salés. Pepsi a généré 63,5 milliards de dollars de revenus l’an passé et pèse 163 milliards de dollars de capitalisation, mais le groupe a surtout généré un rendement total de 149% depuis l’arrivée d’Indra Nooyi à sa tête. Surtout, elle a imprimé un style et la volonté de laisser sa marque au sein du groupe : « Personne ne se rappellera de vous pour avoir délivré des profits aux actionnaires ; ils se rappelleront de vous en raison de l’impact durable que vous avez eu sur la société », avait-elle ainsi déclaré en 2009.

Son départ suit celui de plusieurs autres femmes à la tête de sociétés du S&P 500, ce qui réduit la diversité à peau de chagrin au plus haut niveau des sociétés cotées américaines. Pour rappel, après le départ de Ken Chenault d’American Express à l’automne dernier, il ne reste plus que quatre patrons noirs au sein du S&P 500. Et la parité est aussi réduite à portion congrue : la patronne des soupes Campbell s’est retirée en mai, celle des jouets Mattel a tiré sa révérence en avril dernier après seulement un an à la tête du groupe en difficultés. Avant elles, celles de Mondelez, Staples et d’Hewlett-Packard avaient également quitté leurs postes. Si bien qu’il ne reste plus que 24 femmes dirigeantes du S&P 500 selon les données de Catalyst.

Car les grands corporates américains n’ont pas vraiment mis en place de politique de promotion de talents féminins en interne sur le long terme, de l’aveu des cabinets de recrutement et observateurs externes. « Tant que nous aurons des nominations fortuites de femmes CEO au lieu de construire un pipeline paritaire comme activité régulière, les chiffres resteront volatiles », a ainsi déclaré Jane Stevenson, du cabinet Korn-Ferry International dans le Wall Street Journal. Pour preuve, une seule femme patronne du S&P 500 a cédé sa place à une autre femme dans les cinq dernières années. Et seules 20% des femmes ont des fonctions exécutives dans les 222 sociétés étudiées par LeanIn et McKinsey.

De ce point de vue, Indra Nooyi a un rôle à jouer, et elle compte en profiter. « Nous devons continuer à livrer la bonne bataille pour développer les femmes, les mentorer, les soutenir pour que plus de femmes qualifiées – et il y en a plein – accèdent au board, dans les Comex et au poste de CEO. Mon travail ne fait que commencer », a-t-elle ainsi déclaré.

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