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Chine / shadow banking
Pourquoi le marché chinois s'effondre-t-il ?
Il ne fait pas bon être un investisseur sur les marchés chinois en ce moment comme le souligne d'ailleurs volontiers la presse financière du pays : le South China Morning Post relevait ainsi dans un article publié sur son site hier matin que les Bourses chinoises avaient affiché les pires performances de toutes les places de marchés mondiales depuis le début de l'année. L'indice phare de la Bourse de Shanghai a dégringolé de 15% entre le 1er janvier et le 30 juin, et de près de 22% depuis le plus haut du 24 janvier, entraînant un effondrement des niveaux de valorisation, désormais inférieurs à ceux atteints après le krach boursier de début 2015.
Et l'intégration tant attendue de 233 actions A dans l'indice MSCI Emerging Market le 1er juin dernier n'a pas permis de stopper cet effondrement des indices chinois, malgré un afflux de nouveaux investisseurs étrangers sur le marché : ceux-ci ont ainsi été acheteurs nets d'actions du pays le mois dernier, ayant acquis pour 32 milliards de yuans de titres du pays. Sur la même période, 1.340 milliards de dollars de capitalisation boursière - soit l'équivalent de l'économie australienne - sont partis en fumée, les secteur des télécoms et des nouvelles technologies ayant particulièrement souffert.
Des secteurs très touchés par la hausse des droits de douane imposés par les Etats-Unis et qui explique pour partie seulement l'effondrement boursier depuis le début de l'année. Car l'escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine a commencé au printemps, soit plusieurs mois après le début de la chute des indices boursiers chinois. Même si les analystes estiment que ce facteur a commencé à être pris en compte par les investisseurs et pricé plus tôt dans l'année, Donald Trump ayant depuis longtemps annoncé sa velléité de renforcer les tarifs douaniers à l'entrée de son pays.
Un autre élément cependant a contribué à faire dégringoler les indices locaux depuis janvier : les autorités chinoises ont ainsi intensifié leur lutte contre le shadow banking, ces activités d'intermédiation de crédit réalisées en dehors du système bancaire traditionnel . Celles-ci représentent toujours près de 7.000 milliards de dollars dans le pays et constituent donc pour l'économie chinoise un risque systémique important. Cette réforme de la finance parallèle souhaitée par les autorités du pays fait craindre un ralentissement plus fort que voulu de la croissance chinoise, ce qui a contribué à faire baisser les marchés. Surtout, les nouvelles règles mises en place pour tenter de limiter la croissance des prêts liés au shadow banking et traditionnellement classés sous l'étiquette d'Asset Management Products (AMPs) a entraîné une réduction des liquidités sur le marché chinois et la mise en difficultés d'entreprises dépendantes de ce type de produits pour se financer.
Selon le South China Morning Post cependant, la banque centrale devrait assouplir sa politique monétaire dans les prochains mois, afin de booster l'économie du pays et éviter que la guerre économique avec les Etats-Unis ne plombe sa croissance. Ce qui devrait du même coup aider le marché chinois à repartir, selon Wang Zheng, CIO chez Jingxi Investment Management, qui estime que les Bourses du pays ont probablement atteint un plus bas. Il y a une dizaine de jours, la PbOC a d'ailleurs donné des premiers signes d'assouplissement et abaissé de 0,5% le niveau des réserves obligatoires pour les banques du pays. Ce qui devrait permettre de libérer plus de 100 milliards de dollars. Elle pourrait également décider de laisser filer le yuan, comme elle a d'ailleurs commencé à le faire, afin de réduire l'impact de la hausse des tarifs douaniers imposés par les USA. Ce qui devrait soutenir les exportations du pays, et sans doute aider les marchés à repartir.
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