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Banques / Bâle / cryptomonnaies

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Bâle / cryptomonnaies

Le comité de Bâle pourrait encadrer l'exposition des banques aux cryptomonnaies

Le Conseil de stabilité financière a remis en amont du G20 de ce week-end, un rapport sur les cryptomonnaies. Si, selon le CSF, celles-ci ne représentent pour l'instant pas de risque pour la stabilité financière internationale, le comité de Bâle est tout de même en train d'étudier la possibilité d'encadrer l'exposition des banques au secteur.
Comité de Bâle
Comité de Bâle

Si les gouverneurs des principales banques centrales mondiales se sont tous déjà exprimés sur le sujet des cryptomonnaies, se montrant plus ou moins méfiants à l'égard de la montée en puissance de ce nouveau type d'actifs, c'est la première fois que le Conseil de stabilité financière se prononce officiellement sur le sujet. Le groupement économique international basé à Bâle a ainsi dévoilé hier les conclusions de ses travaux sur le sujet, en amont de la rencontre du G20 de ce week-end. Un rapport que les 20 membres du groupe avaient d'ailleurs appelé de leurs voeux lors de leur dernière rencontre de Buenos Aires en mars dernier. 

Le Conseil, aidé du comité permanent concernant l'analyse des faiblesses du système financier mondial (SCAV), du comité concernant les infrastructures de marché et de paiements (CPMI) et du comité de Bâle sur la supervision bancaire (BCBS) a ainsi mis en place un cadre destiné à suivre l'évolution des cryptomonnaies et en identifier les risques potentiels. Même si le principal message du document est que les devises virtuelles ne représentent pour le moment pas un risque pour la stabilité financière mondiale. Le cadre défini par le FSB et les différents comités s'est ainsi basé sur un certain nombre de données et critères (possibilité de comparer les données des juridictions dans le domaine des cryptomonnaies à travers les différents pays et l'accessibilité de ces données...) permettant d'identifier le mieux et le plus rapidement possible les dangers liés aux devises virtuelles. 

Ces indicateurs ont permis de mettre en exergue trois canaux de transmission principaux par lesquels les devises virtuelles pourraient éventuellement perturber la stabilité des marchés financiers mondiaux ; la taille du marché des devises virtuelles et sa vitesse de développement est un premier facteur de risque important, puisqu'il est susceptible d'entraîner un effet richesse sur les détenteurs de ce type d'actifs. La confiance des acteurs du marché dans ces cryptomonnaies est un autre aspect que le Conseil a décidé de suivre de près grâce à l'établissement de ces différents indicateurs, les devises virtuelles étant très volatiles et donc très dépendantes du sentiment des investisseurs. Enfin, l'exposition des institutions financières au cryptomonnaies est un autre canal de transmission de crise financière important en cas de turbulence sur ce marché, soulignent également les membres du conseil dans leur document. 

Sur ce sujet, le Conseil de stabilité financière a chargé le comité de supervision bancaire de Bâle (BCBS) de se pencher plus précisément sur la question. Le comité de Bâle est ainsi en train de mener une enquête approfondie pour évaluer l'exposition directe et indirecte des banques aux cryptomonnaies. Le document prévient ainsi que le comité pourrait collecter des données auprès des banques dans le cadre du suivi semi-annuel de Bale III. "L'un des challenges actuel est le peu de données fiables disponibles concernant l'exposition des banques aux monnaies virtuelles", souligne ainsi le rapport du CSF. Le comité de Bâle n'encadre pas pour l'instant de façon formelle l'exposition ni la détention de cryptomonnaies par les banques. Mais au terme de son enquête, il pourrait décider de clarifier les normes prudentielles dans ce domaine et associer ces devises à une catégorie précise de risques (risque de crédit, de contrepartie, de marché, de liquidité...), précise le rapport.  

La publication dans quelques mois, des conclusions du comité de Bâle sur l'exposition des banques aux actifs virtuels devrait être regardée de près par nombre d'entre elles, à l'image de Goldman Sachs ou JP Morgan qui ont décidé de commencer à investir dans le secteur. BlackRock vient d'ailleurs de mettre en place un groupe de travail dédié aux cryptomonnaies afin d'établir quelles pourraient être les opportunités d'investissement pour le puissant gestionnaires d'actifs. De quoi renforcer la nécessité pour le superviseur bancaire de donner son point de vue sur le sujet et éventuellement de commencer à l'encadrer. 

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