Feuilleton de l'été / Maxime Laurent-Bellue / Portrait / Tikehau
Feuilleton de l'été
Maxime Laurent-Bellue / Portrait / Tikehau
Maxime Laurent-Bellue, Tikehau : le hasard des belles rencontres
Une carrière en finance peut-elle être le fruit du hasard ? Maxime Laurent-Bellue en tout cas, ne rêvait pas de négocier de complexes opérations de dette ou de faire partie du gratin de la City, mais reconnaît avoir misé sur le bon cheval, en l’occurrence Tikehau. Ce Parisien de naissance, qui n’a pas hésité à sacrifier son été du BAC pour passer le concours de Sciences Po avec trois amis, a été confronté à un dilemme classique d’étudiant : après une année passée en échange à la London School of Economics à Londres, il opte pour un master de finance et stratégie. "Je me suis posé pas mal de questions et étais d'abord attiré par les carrières liées aux relations internationales. Mais j’ai choisi un master en finance qui de mon point de vue requérait une palette très large de compétences tout en offrant de nombreux débouchés... En 2007, le secteur n'avait pas été encore touché par la crise", se souvient-il. Un ancien colocataire de Londres lui parle d’une jeune firme appelée Tikehau où il vient d’entrer comme premier salarié. Maxime Laurent-Bellue y décroche son stage de fin d’études, convaincu qu’il irait ensuite poursuivre ses études, à Dauphine ou à l’étranger.
Mais le courant passe tout de suite très bien, notamment avec le co-fondateur Mathieu Chabran, qui le forme comme son junior. "J’ai trouvé une ambiance nouvelle, des gens audacieux et fonceurs", relate-t-il, et confirme avoir été exposé très jeune à de gros projets, tout en gardant une grande autonomie. Un environnement qui dénote des traditionnelles banques d’affaires, où les jeunes recrues sont enfermées pour remplir des tableaux Excel toute la journée, et souvent la nuit.
En 2008, Tikehau subit comme ses pairs les affres de la crise, et Mathieu Chabran reprend en main l’activité d’asset management, qu’il concentre sur la dette privée. Un métier nouveau et sur lequel Maxime Laurent-Bellue a développé une véritable expertise, qui représente désormais 6 milliards d’euros d’actifs sous gestion. "L’environnement était très dur entre 2008 et 2011, les banques se sont retirées et il y a eu un besoin de nouveaux acteurs, donc cela a finalement été un catalyseur pour nous", explique Maxime Laurent-Bellue. Tikehau se montre opportuniste dans un segment encore peu structuré, fait de beaux coups et se fait un nom dans le milieu. Le premier deal de Maxime Laurent-Bellue : le rachat de 200 millions d’euros de dette LBO à une banque, avec un couple risque-rendement qui n’existe désormais plus, tant le marché était peu efficient.
Plus récemment, le trentenaire s’est retrouvé en première ligne sur la levée d’un fonds de dette senior de 500 millions d’euros, qui en a finalement levé 615 millions, ce qui montre la légitimité gagnée par la firme. Pour ce dernier, qui a déménagé à Londres en 2016 et est devenu papa, les opportunités sont encore nombreuses chez Tikehau, qu’elles soient métiers ou géographiques. Et pour cela, il peut compter sur la culture de l’action de ses patrons.
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