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IPO / Facebook

IPO
Facebook

Facebook, premier signe d’un éclatement de la bulle tech ?

Après des résultats décevants, le titre Facebook a perdu 119 milliards de dollars jeudi, soit la plus forte baisse historique d’un titre américain, qui a fait chuter Mark Zuckerberg au classement des milliardaires. Mais les problèmes du réseau social pourraient entraîner une correction de l'ensemble de la tech US.
Facebook - illustration - réseau social
Facebook - illustration - réseau social

Ce fut le « jeudi noir de Facebook » la semaine passée. Le réseau social a publié des résultats semestriels décevants, qui ont fait dévisser le titre de 19%, soit 119 milliards de dollars partis en fumée en l’espace d’une courte séance. Il s’agit de la plus forte baisse historique pour un titre américain en Bourse, devant même les grandes déconfitures de l’éclatement de la bulle Internet. En septembre 2000, Intel avait ainsi perdu 90 milliards de dollars en une journée, devançant le record précédemment établi par Microsoft en avril de la même année, qui avait perdu 80 milliards de dollars lui aussi en une séance. Plus récemment, c’est Apple qui avait dévissé de 59,6 milliards de dollars début 2013, ou encore le pétrolier Exxon Mobil, qui avait perdu 52,5 milliards de dollars en 2008, mais aussi les banques Bank of America, Wells Fargo, Citigroup et JP Morgan, qui ont rayé entre 24 et 38 milliards de dollars soit pendant la crise financière, soit pendant le scandale des comptes frauduleux pour Wells Fargo.

Cette descente aux enfers ne s’est pas encore arrêtée puisque Facebook perd encore plus de 4% ce lundi à la Bourse de New York, si bien que Mark Zuckerberg a perdu trois places au classement mondial des milliardaires : il est passé de la troisième à la sixième place, et a ainsi été devancé par Warren Buffett, Bernard Arnault et Amancio Ortega, le fondateur de Zara. Sa fortune s’est allégée de 17,6 milliards de dollars jeudi, et encore de 660 millions de dollars en ce début de semaine, ce qui montre l’incapacité du trentenaire à contrer la crise de réputation née du scandale de l’ingérence russe dans les élections américaines.

Il faut dire que les résultats de Facebook ont été impactés par la mise en place de la nouvelle réglementation sur les données personnelles en Europe, qui devrait être suivie de nouvelles restrictions dans d’autres pays pour le réseau social. Le groupe a ainsi consenti à supprimer l’outil publicitaire permettant à des annonceurs d’utiliser des données d’utilisateurs apportées par des tierces parties, dès mai en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, et à partir d’octobre aux Etats-Unis.

L’étau de la confidentialité semble se resserrer sur Facebook, qui a vu le nombre de ses utilisateurs actifs baisser de 3 millions en Europe au deuxième trimestre. Et il a même prévenu que les restrictions à l’utilisation des données personnelles allaient peser sur sa croissance sur le reste de l’année.

Au global, ce contexte de régulation risque d’entraîner le désengagement des annonceurs, qui auront de moins en moins de prise sur leurs publicités. La question est désormais de savoir si les géants de la tech, qui ont construit leur réputation sur le big data et la capacité à obtenir des informations sur leurs utilisateurs, vont pouvoir rebondir face à ces multiples scandales. La tech est le secteur qui a le mieux performé cette année aux Etats-Unis, et malgré les soubresauts de fin de semaine, le Nasdaq reste en hausse de 12,1% cette année, soit deux fois plus que le S&P 500. Ce qui fait frémir sur les secteurs capables de prendre le relais en cas de crise boursière de la tech.

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