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IPO / Rachats d'actions

IPO
Rachats d'actions

1.000 milliards de dollars de rachats d’actions en 2018

C’est le montant qu’atteindront les rachats d’actions cette année, selon les projections de Goldman Sachs. Ils portent les cours des corporates, à l’image d’Apple ces derniers mois, mais ne créent aucune valeur, si bien qu’ils sont même néfastes à l’économie.
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis

« Les rachats d’actions sont en train de manger l’économie », prévient Annie Lowrey, journaliste à The Atlantic. Selon cette dernière, les programmes de rachats de titres prennent des proportions inquiétantes : de 7 milliards de dollars dépensés au total entre 2004 et 2014, ils représentent désormais des dizaines de milliards, et même 100 milliards de dollars en un an annoncés par le plus puissant d’entre eux, Apple. Le secteur de la restauration est un autre exemple de cette dérive, qui a alloué 137% de ses profits aux rachats de titres entre 2015 et 2017. Ces sommes se font au détriment de l’investissement, de la productivité, des salaires et donc de la croissance de l’économie américaine.

De la part des conseils d’administration, leur mission est de maximiser le rendement pour les actionnaires, et notamment le bénéfice par action, les rachats d’actions ont démontré être un excellent moyen de réaliser cet objectif. En outre, le contexte de guerre commerciale a joué sur ces décisions des corporates US. Selon plusieurs enquêtes, nombre d’entre elles avaient envisagé d’allouer une part prépondérante des profits tirés de la réforme fiscale à des investissements, mais depuis la résurgence des menaces douanières, 60% de ces économies ont été dirigées vers les rachats d’actions.

Ces derniers devraient atteindre 1.000 milliards de dollars en 2018, selon les projections données par Goldman Sachs à ses clients. « Les rachats de titres corporate restent la plus importante demande de titres, étant donné que les autres catégories ne sont pas vendeurs de titres (particuliers, fonds mutuels, fonds de pension) », selon David Kostin, stratégiste equity US de la banque américaine. En effet, les investisseurs particuliers ont retiré un montant net de 57,1 milliards de dollars en 2018, selon Bank of America Merrill Lynch, et cela alors même que le marché américain a été un des plus performants cette année, avec un S&P 500 en hausse de 6,6% en 2018.

Car d’autres dangers sont venus perturber le rallye américain, à l’image de la politique pro-cyclique de l’administration Trump et la réforme fiscale, qui ont creusé le déficit public du pays. Dans un contexte de hausse des taux, cela risque de faire bondir les Treasuries, et de peser sur le marché equities. A l’heure actuelle, le S&P 500 s’échange aujourd’hui autour de 16,7 fois les bénéfices attendus, soit plus haut que la moyenne historique mais moins que les records récents.

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