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Feuilleton de l'été / Laetitia Tavignot / Oddo / Portrait

Feuilleton de l'été
Laetitia Tavignot / Oddo / Portrait

Laetitia Tavignot, Oddo : banquier privé, un métier de terrain

La directrice commerciale de la banque privée chez Oddo-BHF a très tôt voulu entrer dans le cœur de l’action et, après une formation en alternance, a saisi les opportunités au bon moment. Chez Oddo, elle y a trouvé un esprit entrepreneurial et réactif, et défend haut et fort la cause féminine dans la Ladies Bank.
Laetitia Tavignot - Oddo
Laetitia Tavignot - Oddo

Dans le monde feutré de la banque privée, le parcours de Laetitia Tavignot dénote de celui des usuels diplômés en écoles de commerce. La jeune femme ne s’imaginait pas dans un tel univers : "Au départ, je voulais être commissaire de police. Mais après deux ans de droit, je me suis rendue compte que j’avais un profil beaucoup plus commercial", raconte la chef commerciale au sein de la banque privée d’Oddo-BHF. Mais elle ne veut pas perdre trop de temps et a surtout soif de terrain et, comme les écoles de commerce ne pratiquent pas l’alternance, elle opte pour un BTS action commerciale, qu’elle complète par une école de commerce. Elle apprécie cette vision très concrète du métier et, après quatre ans en alternance chez CCF - devenu HSBC - elle se retrouve à un poste nouvellement créé, la gestion pour des actionnaires de filiales de sociétés étrangères. Avec des clients tech très importants comme Microsoft, et à un moment charnière lorsque la bulle Internet explose au tournant des années 2000.

"Je me suis tout de suite retrouvée à un poste exposé, HSBC a pris le risque et/ou l’opportunité de me recruter même si j’étais novice en banque privée", se souvient Laetitia Tavignot. Le poste est stimulant, avec plus de 200 clients et la gestion de 200 millions d’euros, mais elle ne restera pourtant que six mois au sein de la banque. Celle-ci est très impliquée dans les centres de gestion de patrimoine, au détriment de l’approche financière et de marché, ce qui la frustre. Elle entre alors en contact avec Oddo et est séduite par la culture d’entreprise : "J'ai tout de suite aimé le travail en effectif réduit, où les managers sont proches de leurs équipes, j’ai retrouvé un esprit entrepreneurial et réactif", relate-t-elle.

Mais aussi la possibilité de faire ses preuves et gravir les échelons. Pourtant, Laetitia Tavignot doute d’elle-même et pour l’anecdote, répond à son patron qui lui propose de devenir manager d’équipe qu’il fait une grosse erreur. Elle n’hésite pourtant pas longtemps et, d’une équipe de trois à quatre personnes, elle se retrouve aujourd’hui à diriger la partie commerciale de la banque privée, avec 20 banquiers dans son périmètre, et membre du comité de direction. Le quotidien n’est pourtant pas dénué de challenges : "La réglementation est désormais très forte, cela nous a obligé à faire évoluer notre métier mais aussi les pratiques de nos clients", reconnaît Laetitia Tavignot.

Elle garde en tout cas cette passion pour l’humain, le recrutement de la nouvelle génération - qu’elle trouve plus engagée, plus apte à remettre en question les acquis - mais aussi la promotion des femmes, à travers la Ladies Bank. "Cela a commencé comme un appel à projets innovants dans le groupe porté par quelques femmes de la banque privée, et cela a rencontré un grand succès et c’est aujourd’hui beaucoup plus ambitieux", s’enthousiasme-t-elle. Le but est d’adapter le discours de la banque privée pour attirer une clientèle plus féminine, les intéresser aux problématiques financières, via un site dédié et des contenus pédagogiques pour chaque profil, mais aussi des événements VIP pour les clientes de la banque. Après un an dans son nouveau poste où elle gère 3,2 milliards d’euros et 12.000 comptes, cette mère de trois enfants en est convaincue : l’empathie, la volonté de nouer des relations de confiance est la qualité numéro un du métier de banquier privé. Cela tombe bien, c’est aussi souvent celle des femmes.

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