WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Les perdants de la hausse de l'euro face au dollar

Macro-économie / Taux / EUR/USD / Euro/dollar / Oddo / Etats-Unis / CEPII

Macro-économie / Taux
EUR/USD / Euro/dollar / Oddo / Etats-Unis / CEPII

Les perdants de la hausse de l'euro

La hausse de l’euro face au dollar dure maintenant depuis quelques mois, portée par les événements sanitaires, géopolitiques et économiques que l’on ne présente plus. En France, l'appréciation du taux de change n'est pas une bonne nouvelle pour toutes les entreprises.
Illustration euros
Illustration euros

Un phénomène qui va durer

Comme nous l'expliquions il y a quelques temps, la hausse de l’euro face au dollar marque l’avènement d’une nouvelle ère, où les politiques de l’Union européenne attirent davantage et où les Etats-Unis au contraire font fuir les investisseurs. "Le point de départ de la hausse (17 mai) correspond d’ailleurs à l’annonce franco-allemande du projet de plan de relance", souligne Sylvain Goyon, stratégiste chez Oddo, ce qui prouve bien que l’euro est porté par un changement de la perception du risque politique dans la zone euro. Et ce phénomène de hausse de l’euro/dollar devrait continuer dans les semaines à venir. Touchés par la politique d’assouplissement de la Fed, les taux américains ne devraient en effet pas connaître de hausse à court terme et, en parallèle, l’accord européen lancé officiellement le 21 juillet 2020 devrait continuer d’attirer les investisseurs vers le Vieux Continent. Outre cette stabilité politique appréciée, l’Europe bénéficie d’une dynamique macroéconomique "spectaculaire" depuis la fin du confinement. Le rebond de l’activité au troisième trimestre permet d’anticiper une croissance de 68% en glissement trimestriel annualisée, soit des "chiffres de croissance nettement supérieurs à ce qui pouvait être attendu il y a encore trois mois", précise Sylvain Goyon.

Qui pâtit de la hausse de l'euro ?

Certains secteurs sont très pénalisés par la hausse de l’euro (de 1,26% en termes réels et effectifs depuis le mois de mars dans le cas de la France). En toute logique, plus le secteur est exportateur, plus l'effet est néfaste. Une étude du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) prend l'exemple de l'économie française. Elle y estime qu'une "appréciation de l'euro de 10% entraîne une diminution des exportations de 6%" en moyenne. Cela vient notamment du fait que les firmes exportatrices hexagonales perdent en compétitivité par rapport aux prix étrangers lorsque l'euro s'apprécie en termes réels. A noter que les effets de seuil semblent inexistants. En d'autres termes, une appréciation de l'euro de 10% aura les mêmes effets récessifs sur les exportations françaises qu'elle ait lieu aux alentours de 1,20 dollar ou de 1,60 dollar.

Si l'on regarde dans le détail, certains secteurs sont plus sensibles à une variation de la monnaie unique. Le secteur des transports, celui des machines et appareils électriques, ou encore celui des textiles, sont ainsi très affectés lorsque l'euro augmente (baisses respectives de 8,4%, 7,6% et 6,3% pour une appréciation de 10% de l'euro). D'autres possèdent une élasticité des exportations par rapport au taux de change plus faible : c'est le cas de l'agroalimentaire, des produits chimiques et du secteur des machines de bureau, comptabilité et calcul - baisses respectives de 4,6%, 5% et 4,9%.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article