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Prélèvement à la source / Bercy
Abandonner le prélèvement à la source coûterait 1 milliard d’euros
Qui donc a pu faire fuiter auprès du Parisien de ce week-end un document ultraconfidentiel de la direction générale des finances publiques faisant apparaître de très nombreuses erreurs, jusqu’à 352.000 sur des tests menés dans le cadre du prélèvement à la source. Ce document indiquait qu’il n’y a « a priori pas de possibilité de s’en prémunir ». L’entourage de Bruno Le Maire qui se sait en sursis au sein du gouvernement pourrait être à l’origine de cette manœuvre médiatique. Le ministre de l’Économie a déclaré hier qu’il était favorable au prélèvement à la source à condition que « toutes les garanties techniques (puissent) être apportées à 100% par le ministre des Comptes publics et son administration ». Ambiance à Bercy.
Hier Bruno Parent le patron de la Direction Générale des Finances Publiques est monté au créneau pour affirmer que les tests effectués depuis un an ont permis d’identifier les doublons cités dans la presse et de déterminer comment les traiter pour éviter qu’ils se reproduisent. Mais Gérald Darmanin qui porte cette réforme a reconnu qu’un arrêt était aujourd’hui concevable. La raison n’en serait que psychologique compte tenu de la baisse du pouvoir d’achat et de l’effet d’illisibilité des baisses de cotisations devant intervenir d’ici là.
Selon les informations de WanSquare l’Etat a dépensé depuis trois ans 300 millions d’euros afin de mettre au point le prélèvement à la source. Une campagne de communication est actuellement en cours sur les écrans de télévision (coût : 10 millions d’euros). Surtout le prélèvement à la source aurait rapporté 700 millions d’euros de plus dans les caisses de l’Etat compte tenu d’une meilleure adhésion, de fait, à l’impôt. Abandonner cette réforme coûterait donc 1 milliard d’euros à un moment où le gouvernement fait les fonds de tiroir afin de limiter la hausse du déficit budgétaire en 2019.
Une chose est certaine : c’est Emmanuel Macron qui décidera seul demain à l’issue de la réunion d’arbitrage. S’il abandonne la réforme il y a de fortes chances pour que Gérald Darmanin soit tenté de quitter le gouvernement. A moins que le remaniement en cours lui permette de devenir ministre de l’Intérieur, ou en tout cas de quitter Bercy. Et derrière Emmanuel Macron il y a un homme qui pousse fort à l’abandon de la réforme, c’est Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée.
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