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Xavier Niel / Free

Free et la Roche Tarpéienne

L’acteur turbulent des télécoms français se voit contraint de réviser à la baisse ses perspectives de rentabilité, après avoir perdu 200.000 abonnés dans le mobile au cours du seul deuxième trimestre.
Xavier Niel - Free
Xavier Niel - Free

Ce n’est pas un hasard si l’action Iliad (groupe Free) accuse une chute de 46 % depuis le début de l’année. Au cours du seul deuxième trimestre, l'opérateur a perdu 200.000 clients dans le mobile. Alors que ses trois concurrents ont annoncé des gains substantiels d'abonnés mobile : 182.000 pour Orange, 121.000 pour Bouygues Telecom, 210.000 pour SFR.

Par ailleurs dans le fixe, son activité la plus rentable, le groupe n’arrive plus à faire venir de nouveaux abonnés. Après avoir cédé du terrain pour la première fois au début de l'année (19.000 abonnés de moins en trois mois), Free n'a pas réussi à inverser la tendance. Au deuxième trimestre, ce sont 28.000 détenteurs de Freebox qui ont préféré les offres alternatives. De fait, au cours des trois derniers mois, les revenus ont accusé un recul de 1,3 %, à 1,2 milliard d'euros.

Au siège du groupe on relativise ces mauvaises nouvelles en expliquant que les clients qui partent sont ceux qui ne sont pas rentables, dans le mobile. Et que, dans le fixe, Free fait passer de plus en plus de ses abonnés à la fibre. Ils étaient 734.000 à la fin du deuxième trimestre. Ce qui se traduit par de moindres coûts de location des lignes de cuivre à Orange. D’où une marge opérationnelle qui a atteint 37,3 % sur les six premiers mois de l'année, contre 36,4 % un an plus tôt.

Pour rebondir, Iliad a engagé mi-mai une refonte de son équipe de direction et de sa stratégie commerciale, qui s'est traduite notamment par le lancement d'une nouvelle offre mobile de milieu de gamme. Dans le fixe, Free mise beaucoup sur le lancement de nouvelles "box" internet prévu dans les prochaines semaines. Le groupe fait même preuve d’un optimisme démesuré en disant notamment tabler sur une hausse de sa base d'abonnés très haut débit de 300.000 à 500.000 cette année puis d'environ 500.000 par an à compter de 2019.

Il reste que Free qui avait bousculé le marché des télécoms – comme SFR l’a fait en début d’année – par une guerre des prix ridicule et la vente de forfaits à prix cassés, se retrouve aujourd’hui dans la situation délicate qu’ont connue un Orange ou un Bouygues à ce moment-là. Alors bien sûr il n’y a pas péril en la demeure. Mais le marché des télécoms français est en train de se rééquilibrer petit à petit en fonction des contraintes de prix. Et Free se retrouve enfin confronté aux réalités d’un compte d’exploitation, d’une concurrence qu’il subit, et de sa box qui a trop tardé. Comme quoi la Roche Tarpéienne n’est jamais si éloignée du Capitole.

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