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Elie Girard : homme d’équipe chez Atos

Le directeur financier a connu le patron d'Atos, Thierry Breton, à Bercy. Promu DG adjoint en début d'année, ses fonctions ne cessent d'évoluer avec la croissance du spécialiste de la transformation digitale.
Elie Girard
Elie Girard

Depuis qu’il est arrivé chez Atos en 2014, en qualité de directeur financier, Elie Girard ne chôme pas. Dernièrement, l’entreprise de service numérique a acquis l’Américain Syntel pour 3,4 milliards de dollars. Une opération qui vient accroître les forces vives du groupe de 23.000 collaborateurs, dont environ 20.000 en Inde. Avec sa croissance exponentielle, Atos change de visage en permanence. Si Elie Girard a été promu DG adjoint en début d’année, l’évolution est plus prégnante encore. "Quand vous êtes dans une entreprise avec autant de croissance, le poste de chacun change tous les 18 mois", souligne le dirigeant de 40 ans.

Bien qu’homme de chiffres, Elie Girard insiste sur la dimension humaine de son poste. Le DGA aime le management, les équipes : "Je viens au bureau d’abord pour ça". S’il reconnaît volontiers être exigeant et dans le micro-détail, il évoque aussi "une maison avec des moments de grande convivialité !" D’ailleurs, l’intégration de Syntel ne pourra être une réussite que si les collaborateurs embarquent dans l’aventure. "Nous avons beaucoup à apprendre de Syntel. Ils ont des compétences que nos équipes doivent s’approprier", explique le DGA, qui évoque aussi la nécessité de comprendre les différences culturelles de chacun.

Ce côté pédagogue, Elie Girard a pu l’exercer lorsqu’il a enseigné, que ce soit à Harvard, Sciences Po ou à l’ENA. Pour ce papa, la transmission demande de l’exigence envers soi-même. Fils de fonctionnaires (père policier et mère enseignante), il est lui-même marié à une historienne de l’architecture italienne, dont il relit les articles en week-end. Elie Girard a aussi écrit des papiers universitaires. Celui qui est ceinture noire de judo est également le co-auteur – avec Didier Lombard – d’un livre intitulé Le village numérique mondial : La deuxième vie des réseaux.

Car avant d’arriver chez Atos, Elie Girard a passé sept années chez Orange. Il y a commencé en tant que directeur de cabinet du PDG - Eric Lombard donc. Au bout de quelques jours chez ce qui était à l’époque encore France Telecom, il prendra l’avion avec son patron pour San Francisco, sans connaître le motif exact du voyage. Il y rencontrera Steve Jobs début octobre 2007, dans le cadre de l’accord entre l’opérateur et le fabricant de téléphones qui sortait alors son premier iPhone.

Ce souvenir mémorable vient en côtoyer des plus difficiles. C’est à cette époque aussi que l’entreprise a connu une vague de suicides. Dans cette "grande famille" qu’est Orange, Elie Girard se verra confier la stratégie et la reconstruction de l’entreprise, avant d’être nommé au Comex et à la stratégie ainsi qu’au développement par Stéphane Richard. "La stratégie était extrêmement compliquée, avec les Google et Facebook qui arrivaient", se souvient Elie Girard. Ce dernier se rappelle avec ferveur les acquisitions en République du Congo ou en Irak, pays où il y avait encore beaucoup à faire.

Avant cette montée dans le privé, Elie Girard a travaillé à Bercy. Après quelques mois passés à conseiller le secteur public chez Andersen, il rejoint la direction de la prévision, où il sera en charge de la synthèse. "C’était un des postes les plus intéressants, car il fallait faire la synthèse de toutes les prévisions : croissance, consommation, investissements etc.". Elie Girard vivra aussi la vie de cabinet. En qualité de conseiller macro, finances publiques et politique économique, il fera la rencontre d’Hervé Gaymard, puis de Thierry Breton, alors ministre de l’Economie ; et en parallèle de celle Jean-François Copé, ex-ministre du Budget. "C’est la dernière période où le poids de la dette a été réduit, où la croissance était élevée et où on est passé en dessous des 3% maastrichtiens",  rappelle Elie Girard.

Ce ministère "très technique" a beaucoup appris à celui qui s’est formé en amont à Centrale Paris et à Harvard. L’histoire aurait peut-être pu être bien différente si Elie Girard avait choisi de faire hypokhâgne, la voix avec laquelle il a hésité. En tout cas, le fondement serait resté le même puisque notre interlocuteur a grandi à Arles, un lieu qu’il n’oublie pas, même après 20 ans passés à Paris.

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