Diversité des boards : où en sont les sociétés cotées ?
Où en sont les communications des sociétés cotées en matière de diversité ? Pour mémoire, en juillet 2017, le Code de commerce a évolué afin de pousser les entreprises à aller plus loin. Le texte prévoit désormais que les groupes décrivent leur politique de diversité au sein du conseil d’administration. Est demandé aux firmes de faire le point sur le sujet au regard de critères tels que l’âge, le sexe ou les qualifications et l’expérience professionnelle. Est aussi prévue une description des objectifs de cette politique de diversité, de ses modalités de mise en œuvre et des résultats obtenus au cours de l’exercice écoulé. "Si la société n’applique pas une telle politique, le rapport comprend une explication des raisons le justifiant", précise l’ordonnance. Alors depuis, qu’est-ce qui a été fait ?
Peu de groupes ont pour le moment dédié une partie de leur document de référence au sujet de la diversité. On peut néanmoins citer les bons élèves que sont Atos, Hermès et Casino. Les trois groupes ont un descriptif de leur "politique de diversité du conseil d’administration" dans leurs documents de référence 2017. Comment ont-ils tourné les choses ? En réalité, les groupes ont souvent repris des informations que l’on retrouve généralement dans les documents de référence, pour les compiler dans un même endroit, en y ajoutant parfois leurs objectifs passés et à venir.
Atos donne ainsi des chiffres sur l’âge de ses administrateurs. Ces derniers ont entre 49 et 82 ans, pour une moyenne de 63 printemps. "Le conseil a estimé que la moyenne d’âge actuelle était satisfaisante et reste attentif à la limite d’un tiers des administrateurs dépassant l’âge de 70 ans", est-il précisé. Le board est composé de six femmes et autant d’hommes. La haute instance souhaite maintenir cette parité. La proportion d’administrateurs de nationalité non française atteint 50 %, en ligne avec la dimension internationale du groupe. Le ratio actuel d’administrateurs indépendants est de 70 %. "Le conseil a estimé que ce pourcentage est satisfaisant et que la Société devrait rester au-dessus du ratio préconisé par le Code AFEP-MEDEF (soit au moins la moitié des membres du conseil)", ajoute le document.
Pour sa part, Hermès fonctionne en conseil de surveillance. Celui-ci est composé de 12 âmes, deux femmes ayant été nommées l’an passé (Dorothée Altmayer et Olympia Guerrand). La première a une expérience en RH et psychologie, la seconde en international. La haute instance peut compter jusqu’à 15 personnes. À noter que fin 2017, le conseil était paritaire et un tiers des membres étaient indépendants. Dans son document de référence, Hermès fait un tableau très clair de ses objectifs fixés en 2012 et 2014 et des modalités et résultats à fin décembre 2017.
Casino s’est également prêté à l’exercice. Le conseil d’administration est composé de treize administrateurs. Il comprend 12 administrateurs élus par l’assemblée générale des actionnaires et un administrateur représentant les salariés. 42 % des membres sont des femmes, 50 % sont indépendants et le board compte un administrateur référent indépendant depuis 2012. "Aucun objectif n’est fixé en termes d’âge, le conseil privilégiant la richesse et la complémentarité en termes d’expertise et d’expérience de ses membres." Casino a également établi un tableau des compétences. On y constate une expérience moyenne importante dans le commerce et la distribution, la finance et l’international.
Se pose maintenant la question de savoir comment les autres groupes vont traiter - car ils devraient probablement s'y conformer cette année - la question dans leurs prochains documents de référence. Pernod-Ricard, qui a publié son document de référence 2017-2018, s'est déjà prêté à l'exercice. Si la société avait auparavant plusieurs données sur le sujet, elle a désormais aussi un tableau, qui liste objectifs, modalités de mise en œuvre et résultats obtenus au cours de l'exercice. Voilà qui est fait.
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