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Le recrutement dans le numérique face à un double-noeud / Entre pénurie de talents et sélectivité des employeurs

La pénurie de talents représente, selon les entreprises du numérique, l’un des principaux facteurs de restriction de leur croissance. Si des hausses de salaires sont à prévoir sur l’année 2023 afin de recruter les meilleurs éléments, les firmes du secteur se montrent aussi regardantes sur la sélection des candidats. Et prennent donc aussi soin de cultiver ceux qu’ils possèdent déjà en interne.
Département informatique de l'université du Texas (©JOANNA KULESZA/NYT-REDUX-REA)
A commons in the computer science department of the University of Texas at Austin, Jan. 9, 2019. (Joanna Kulesza/The New York Times)
Département informatique de l'université du Texas (©JOANNA KULESZA/NYT-REDUX-REA) A commons in the computer science department of the University of Texas at Austin, Jan. 9, 2019. (Joanna Kulesza/The New York Times)

Pénurie de talents rime, dans le numérique, avec moindre croissance. L’organisation professionnelle du secteur Numeum révélait en décembre dernier que près de 80 % des entreprises du numérique estimaient que ces difficultés à embaucher les perles rares ralentissaient leur activité.

La situation est d’autant plus complexe qu’elle relève de deux problématiques distinctes : d’une part, le vivier restreint de talents affiche aujourd’hui des prétentions salariales de plus en plus élevées. D’autre part, les entreprises du secteur se montrent aussi davantage exigeantes en matière de recrutement.

Nourdine Bihmane, directeur général d’Atos en charge de Tech Foundations, expliquait notamment à WanSquare il y a quelques jours que le groupe, dans une optique de meilleure gestion de coûts, s’était montré sélectif en termes d’embauches l’année passée, afin de pouvoir se concentrer sur "les métiers à plus forte croissance". Hervé Bourdon, directeur marketing du cabinet de recrutement des métiers digitaux digiRocks résume : "Il y a un fort appétit pour le recrutement, mais il faut aussi souligner que les entreprises du numérique sont particulièrement ‘gourmets’". La voie royale restant de sortir d’une grande école et d’obtenir une alternance pour se former sur le terrain.

 

Des solutions en interne

 

Car le maillon qui coince est celui de l’après-école, fait savoir le spécialiste en recrutement à WanSquare. Pour certains géants du secteur, le souci de la formation se résout par un remède en interne. Capgemini a, par exemple, fait progresser de 12 % le nombre d’heures de formation en moyenne par employé sur l’année 2022.

Mais cette recherche de compétences accrues dans le secteur fait face à une autre problématique. Celle d’un "réel basculement du rapport de force entre employés et employeurs dans le secteur ", indique Hervé Bourdon. Un changement qui semble avoir d’ores et déjà été intégré par les entreprises du secteur, qui souhaitent rester compétitives pour attirer les meilleurs talents. L’étude sur les rémunérations en 2023 du cabinet en recrutement Robert Walters anticipe ainsi une augmentation moyenne de 7 % des rémunérations dans le secteur numérique sur l’année à venir.

 

D’autres revendications

 

En revanche, la hausse des prétentions salariales des talents n’est "pas seulement pécuniaire ", souligne Hervé Bourdon. Les nouvelles générations, prêtes à être embauchées, étant particulièrement attentives à la manière dont une entreprise s’organise, au respect des horaires, au télétravail ou à la proximité de leur lieu de travail et d’habitation. Pour parvenir à capturer les meilleurs talents, outre une proposition de rémunération alléchante, les entreprises devraient aussi parvenir à créer une réelle valeur ajoutée en amont des embauches.

D’abord au niveau de la réactivité. "Il faut que les firmes se décident rapidement lorsqu’elles recrutent. Une relation doit être maintenue entre les entretiens, car quand elles ne donnent pas de nouvelles, les talents décident souvent de se positionner sur d’autres offres", indique le membre du cabinet digiRocks. Puis, il souligne quelques changements nécessaires dans les processus de ressources humaines : moins de redondances entre les entretiens ou encore un débriefing après ceux-ci. Il conclut : "Cela donne de l’intérêt. Il y a une vraie capitalisation à tirer d’une conversation".

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