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Emploi ; Difficultés de recrutement ; Banque de France ; Entreprises ; Qualification ; Salaire ; TPE ; Grandes entreprises

Macro-économie / Taux / Emploi / difficultés de recrutement / Banque de France

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France : pourquoi les entreprises ont du mal à recruter ? / Les salaires et les qualifications seraient au coeur du problème

Alors qu'une entreprise sur deux en France fait part de ses difficultés à recruter, la Banque de France revient sur les facteurs explicatifs d'une telle situation. Manque de qualification, salaires trop faibles, taille de l'entreprise ou encore secteur d'activité, les éléments à prendre en compte sont divers et variés.
Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein-emploi et de l'Insertion (Come SITTLER/REA)
Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein-emploi et de l'Insertion (Come SITTLER/REA)

Les entreprises françaises ont du mal à recruter. Alors que le taux de chômage recule et que la main-d’œuvre disponible devient plus rare, 52 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, contre 36 % il y a un an, selon le dernier bulletin de la Banque de France.

Au total, près de 350 000 emplois sont restés non pourvus en France au quatrième trimestre 2022. Une contrainte "qui pèse sur l’offre de travail" malgré "un marché du travail exceptionnellement dynamique", expliquent Stéphanie Himpens et Thomas Zuber, de la direction des enquêtes de conjoncture et des analyses microéconomiques et structurelles. Avec pour conséquence directe d’affaiblir la capacité de réaction de l’économie française.

La situation est d’autant plus paradoxale que ces plus de 300 000 emplois vacants coexistent avec les plus de deux millions de chômeurs en France, pour un taux de chômage de 7,2 % supérieur à la moyenne européenne.

 

Manque de qualification

 

Les tensions sur le marché du travail sont d’abord le fait du fort rebond de la demande de travail en provenance des entreprises, qui progresse à un rythme plus rapide que l’offre de travail. Conséquence, "la diminution du taux de chômage depuis 2015 se traduit de manière concomitante par une hausse du taux d’emplois demeurés vacants", analyse la Banque de France.

Les difficultés de recrutements concernent un large panel de secteurs comme le transport, le commerce, l’industrie, l’hébergement et la restauration ainsi que l’information et la communication. Celles-ci peuvent être liées à des phénomènes tout aussi différents que le manque de main‐d’œuvre, l’inadéquation des compétences aux emplois, la localisation géographique, des conditions de travail trop difficiles ou des rémunérations jugées insuffisantes.

 

Profil microéconomique

 

Toutefois, les différences sectorielles de compétences, de conditions de travail ou de rémunérations ne constituent pas les seuls facteurs permettant d’expliquer qu’une entreprise connaisse ou non des difficultés de recrutement. "Ce sont les différences entre les entreprises d’un même secteur qui expliquent en France la très grande majorité des difficultés de recrutement", poursuivent les économistes.

La Banque de France a donc établi leur profil microéconomique. Les entreprises touchées par des difficultés de recrutement sont à la fois plus grandes (+20 % d’effectifs salariés en moyenne) et caractérisées par un salaire moyen plus faible (-3 % en moyenne). En effet, tandis que seulement 40 % des très petites entreprises déclarent des difficultés de recrutement, cette proportion monte à 64 % pour les grandes entreprises de plus de 5 000 salariés. Pour le salaire, l’explication apparaît plutôt triviale.

 

Hausse des salaires et formation

 

La résolution de ce "paradoxe" emplois vacants contre chômage persistant devrait être le fruit d’efforts à court terme, pour satisfaire les revendications salariales, mais surtout structurels, pour former les salariés selon les critères de qualification des employeurs.

Des variables sur lesquelles la puissance publique a aussi un rôle à jouer. Le gouvernement espère justement pouvoir se pencher sur une grande loi "plein-emploi", une fois la séquence retraite refermée.

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