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Fonds d'investissements / réindustrialisation / Financement / formation / Nouveau nucléaire français / ISALT / Innovation / Intelligence artificielle

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réindustrialisation / Financement / formation / Nouveau nucléaire français / ISALT / Innovation / Intelligence artificielle

Quels enjeux pour l’émergence d’une "nouvelle industrie" ? / Ne parlons plus de transition mais des transitions

La société de gestion ISALT organisait, ce mercredi soir, son premier débat consacré à la relance de l’industrie française. Et selon les différents intervenants, la "nouvelle industrie" ne se fera pas sans l’innovation, sans la formation des étudiants mais aussi des salariés et, évidemment, sans une bonne dose de financement.
L'économiste Natacha Valla, l'ancienne ministre des Armées, Florence Parly, le président du directoire de La Banque Postale, Stéphane Dedeyan, la directrice générale adjointe en charge des industries du marketing et du développement durable chez Dassault Systèmes, et Florence Verzelen et Nicolas Dubourg, président d'ISALT (DR)
L'économiste Natacha Valla, l'ancienne ministre des Armées, Florence Parly, le président du directoire de La Banque Postale, Stéphane Dedeyan, la directrice générale adjointe en charge des industries du marketing et du développement durable chez Dassault Systèmes, et Florence Verzelen et Nicolas Dubourg, président d'ISALT (DR)

La question du renouveau industriel français est sur toutes les lèvres. Et la société de gestion ISALT, dont la Caisse des Dépôts détient 39 % du capital et dont la mission est l’investissement de long terme dans les entreprises, l’a bien compris. Son nouveau Fonds Stratégique des Transitions (FST), lancé en début d’année, a pour but d’aider les PME et les ETI à franchir un cap dans leur développement et leurs capacités de production. Deux closing d’un total de 230 millions d’euros ont déjà été signés. "L’industrie est un pilier fondamental de notre économie. Le sujet est d’envergure puisqu’il mêle à la fois les questions d’autonomie et de souveraineté nationale, de compétitivité pour nos entreprises en Europe et à l’international, d’attractivité du sol français, de financements, d’emplois, de compétences, etc. […] (Si) les pouvoirs publics se sont fortement mobilisés avec France Relance […] et la loi sur l’industrie verte […] (les investissements privés) restent encore timides, même si les investisseurs institutionnels et les assureurs se mobilisent (… )", expliquent Nicolas Dubourg et Patricia Salomon, respectivement président et directrice générale d’ISALT.

 

Une innovation fondamentale

 

C’est donc dans ce contexte que la société de gestion a souhaité embarquer avec elle toute la communauté financière parisienne en organisant pour la première fois, ce mercredi soir, à l’Hôtel de l’Industrie, un évènement-débat dont le thème était : "La relance de l’industrie française à l’épreuve des transitions".

Et comme l’a rappelé en introduction, Jean-Hervé Lorenzi, fondateur du Cercle des Economistes, il faut effectivement parler des transitions au pluriel. Selon lui, elles sont au nombre de trois : énergétique bien sûr, mais aussi technologique et sociale (rapport au travail post-crise sanitaire). Un enjeu d’innovation sur lequel a souhaité revenir l’ancienne ministre de la Défense, Florence Parly, invitée à s’exprimer à une table-ronde. "Un des rares domaines où la désindustrialisation ne s’est pas produite est bien l’industrie de défense française grâce au choix structurant, décidé il y a des années, de la dissuasion nucléaire autonome. Une stratégie qui a nécessité un développement et une modernisation continus de nos systèmes de défense. Sans l’innovation, cette industrie n’aurait pas pu survivre, d’autant qu’elle nécessite, entre la conception et la construction de matériel militaire, un temps long", a-t-elle rappelé, prenant exemple des sous-marins nucléaires nouvelle génération (SNLE) qui, grâce à la technologie, peuvent voir le jour plus rapidement. "L’innovation est fondamentale, il faut la cultiver", a plaidé l’ancienne ministre d’Emmanuel Macron.

 

Manque de compétences dans la Tech et le digital

 

Même son de cloche du côté de Florence Verzelen, directrice générale adjointe en charge des industries du marketing et du développement durable chez Dassault Systèmes : "depuis les 10 dernières années, des technologies révolutionnaires ont accéléré le renouveau de l’industrie. Elles ont permis de créer des objets nouveaux, tels que le vaccin anti-Covid qui a pu être mis sur le marché en un temps record ", a-t-elle fait remarquer, prenant elle aussi l’exemple de l’avion de combat Rafale qui possède aujourd’hui "son jumeau virtuel, un outil permettant de faire de la maintenance prédictive, et donc d’optimiser les produits industriels".

Cependant, tous les intervenants de la table-ronde se sont accordés sur le fait que la réindustrialisation ne peut émerger sans formation. "Sur le renouveau nucléaire, nous avons besoin de 100 000 emplois dans les prochaines années. Il nous faudra aussi former de façon continue au sein des entreprises concernées ", a alerté Florence Parly. Un enjeu de formation au numérique défendu également par la directrice générale adjointe de Dassault Systèmes qui a déploré "un manque de compétence général (pas seulement en France) dans la Tech et le digital qui demande une adaptation des cursus d’enseignement".

 

Financer malgré les taux d’intérêt

 

Selon l’économiste Natacha Valla, également Doyenne de Sciences Po Ecole du Management et de l’impact, la place de la France au classement Pisa parle d’elle-même. "Le pays dégringole (La France était 23ème sur 79 en 2019). Les études nous montrent qu’il nous faut une stratégie globale d’apprentissage qui commence dès la naissance. Sans compter que le corps enseignant manque d’interface avec le monde de l’entreprise. En France, nous sommes très forts pour produire des ingénieurs, mais beaucoup moins pour les transformer en entrepreneurs ", a-t-elle fait observer.

Mais cette nouvelle industrie ne peut pas non plus voir le jour sans financement. Et sur ce sujet aussi des efforts doivent être entrepris, même si les taux d’intérêt rendent les investisseurs prudents et plus sélectifs. Un engagement que CNP Assurances n’a pas hésité à prendre en consacrant 400 milliards d’euros de son bilan à cette thématique (un milliard d’euros par exemple a été investi dans RTE), "dont 50 % à l’économie réelle et une partie dédiée aux infrastructures qui sont fondamentales à l’industrie", a indiqué Stéphane Dedeyan, nouveau président du directoire de la Banque Postale, directeur général de CNP Assurances et président du Fonds Stratégique de Participations géré depuis 2020 par ISALT.

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