Macro-économie / Taux / aquaculture / Déficit commercial / réindustrialisation
Macro-économie / Taux
aquaculture / Déficit commercial / réindustrialisation
Le Haut-commissariat au plan mise sur l’aquaculture pour diminuer le déficit commercial / Une politique de filière qui doit contribuer à réindustrialiser la France
Plusieurs années après avoir proposé l’indice ratatouille pour illustrer la dépendance française aux importations de légumes, voilà que le Haut-commissariat au plan (HCP) réitère l’expérience en imaginant l’indice sashimis. Il s’agit cette fois de montrer "l’ampleur du déficit commercial français en matière de produits aquatiques frais". Le constat est amer ; l’Hexagone souffre d’une " insuffisance de sa production et d’une inadéquation entre les espèces produites au niveau national et celles principalement consommées par les Français ". Pour rappel, le HCP est "chargé d’animer et de coordonner les travaux de planification et de réflexion prospective conduits pour le compte de l’Etat et d’éclairer les choix des pouvoirs publics".
À eux seuls, quatre produits (le saumon, le thon, les crevettes et la daurade), cumulent un déficit considérable : 3 milliards d’euros l’an passé. Pire encore, ce chiffre est en constante augmentation et est passé de 2,07 milliards d’euros en 2020 à 2,5 milliards d’euros en 2021.
État stratège
Le Haut-commissaire au plan, François Bayrou, ne juge pas la situation irréversible pour autant ; il prêche pour "une stratégie de développement planifié et responsable de l’aquaculture sur le plan environnemental, de long terme". Il espère réunir autour d’un même objectif les pouvoirs publics et le secteur privé et ce grâce à l’impulsion de l’Etat. L’objectif assumé étant d’apporter "sa contribution à la préparation et à l’organisation de la reconquête du tissu productif national, faisant ainsi progresser la France vers un nouvel équilibre de sa production et de son économie".
Le volet financier n’est pas ignoré par la publication du HCP, qui évoque d’une part la possibilité d’avoir recours à "des aides déjà existantes au niveau européen (ex : FEAMPA) comme au niveau national (ex : Bpifrance)" et également la possibilité de se "fonder sur le cadre des dispositions dérogatoires aux règles concernant les aides d’État définies par le règlement n°1388/2014 de la Commission européenne du 16 décembre 2014. Elles prévoient un régime exempté de notification des aides d’État en faveur des PME des secteurs de la pêche et de l’aquaculture".
Spécificités tricolores
La France va devoir éviter plusieurs écueils nationaux pour arriver à faire grandir l’aquaculture nationale : les équipes de François Bayrou pointent notamment du doigt qu’il existe aujourd’hui "une faible acceptabilité sociale, fondée le plus souvent sur des images biaisées liées" qui va de pair avec "un cadre administratif et réglementaire particulièrement complexe, qui décourage un grand nombre de porteurs de projets".
Il faudra donc venir à bout "des normes nombreuses et enchevêtrées, appliquées de manière drastique" et d’une "architecture institutionnelle peu lisible, éclatée entre plusieurs ministères, services déconcentrés et collectivités territoriale" pour arriver à tirer partout des atouts tricolores. Notamment en ce qui concerne le volet industriel : où il est jugé que l’Hexagone dispose " d’entreprises reconnues à l’international (machinisme aquacole, écloseries, production d’aliments d’élevage, conserveries, fumage et autres segments du secteur agroalimentaire)".
Combiné aux atouts naturels tels que "l’Outre-mer, qui assure à la France une présence dans tous les océans et la deuxième zone économique exclusive (ZEE) de la planète (10,2 millions de km2)" ou les "30 000 cours d’eau, 112 000 hectares d’étangs en métropole", cela pousse le Haut-commissariat au plan à préconiser la mise "en œuvre un plan d’action d’envergure pour reconquérir notre souveraineté en matière de produits d’origine aquatique".
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