Macro-économie / Taux / France / Déficit commercial / Services / Exportations
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France / Déficit commercial / Services / Exportations
Comment résoudre le complexe français sur la compétivité ? / Le modèle hexagonal n’a pas besoin pour cela de changer du tout au tout
Le constat est connu de longue date et la publication du think tank La Fabrique de l’Exportation intitulé "Une vision à 360° des échanges extérieurs de la France" l’entérine. Il est ainsi affirmé que la " France a été le seul pays parmi les 5 grands pays européens analysés à accuser un déficit de sa balance agrégée des biens et services depuis 2005". Dans le détail un solde des services qui s’est amélioré dans le temps, ne permet de remédier à un déficit toujours plus élevé dans les biens.
Tout n’est pas à jeter pourtant dans le modèle hexagonal, ce dernier a avancé vers la spécialisation comme en témoignent les flux commerciaux de biens : dans le domaine des exportations dans le domaine manufacturier, il apparaît "que la France se concentre sur un nombre de plus en plus réduit de produits au fil du temps ; la France semble donc se spécialiser dans un nombre limité de produits ".
Parti pris
Dans le même temps le secteur des services s’est pour le moins bien porté et " la France semble se spécialiser dans les services puisque la part de ses exportations totales a augmenté de plus de 25 % en 8 ans". À tel point que La Fabrique de l’Exportation parle même "d’un avantage compétitif indéniable dans les services, notamment dans les services BtoB ; il faut ainsi acter que notre pays est mieux doté et semble bien former ses travailleurs dans ce secteur". Il n’est donc pas question de tout miser sur la réindustrialisation du pays et d’oublier les succès tricolores déjà présents.
Cette excellence hexagonale dans les services fait que ces entreprises "sont moins affectées par les chocs d’offre mondiaux ou européens, et les PME de services sont plus performantes à l’exportation que leurs homologues dans les biens". Les auteurs plébiscitent la conduite d’un travail "pour réellement dynamiser davantage les exportations de services ; ces dernières étant longtemps restées sous les radars il y a beaucoup à faire dans ce domaine". Notamment en ce qui concerne la recherche et développement où les dépenses dédiées aux "services ont représenté près de 45 % du total des dépenses en R & D en France".
Pas de parent pauvre
Les succès liés aux services ne dédouanent pas pour autant Paris d’améliorer la situation de son outil industriel. Les recommandations effectuées évoquent certes une "tendance à la spécialisation de la France dans les services [qui] ne va probablement pas s’inverser à court ou moyen terme", mais également "des actions simples [qui] peuvent être mises en œuvre pour soutenir l’exportation de biens, au premier rang desquels encourager les formations pour les métiers de l’industrie lourde et/ou relatifs aux équipementiers si l’on veut conserver l’industrie manufacturière française".
Des mesures sur l’accès au foncier, qualifié de "ressource importante pour les entreprises industrielles", sont attendues tout comme des réductions des impôts de production pourraient améliorer les secteurs à chaîne de valeur très fractionnée. La plus grande part des flux d’exportations étant le fruit des grandes entreprises françaises, il est jugé crucial d’encourager ces derniers à conserver tant leur outil productif sur le sol français et de les faire y maintenir leurs sièges sociaux. Dans l’objectif de conserver " les flux de revenus primaires engendrés par les dividendes" sur le territoire national.
Biais du modèle
À toujours se comparer on en oublie également que les spécificités hexagonales rendent compliqué cet exercice. L’étude avance montrer " pour la première fois, l’importance de prendre en compte les ventes des filiales étrangères des entreprises françaises pour évaluer leur part du marché mondial". Avec une prise en compte de l’activité des implantations à l’étranger des entreprises françaises, on parle de "plus de 1700 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 ce qui en fait un pilier essentiel de l’économie française, aux côtés de l’exportation (759 milliards d’euros de chiffre d’affaires)". De quoi faire dire aux auteurs que "ces ordres de grandeur montrent qu’une évaluation complète de la part de marché des entreprises françaises doit dépasser le simple périmètre de l’exportation de biens et services (part du Made in France) pour inclure également les ventes des filiales à l’étranger. On obtient alors un indicateur appelé ‘part de marché élargie’ou ‘part du Made by France’".
Un tel calcul permet d’aboutir au "sein du groupe des 5 pays comparés (Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, France), à "une part de marché du Made by France (24,5 %) [qui] apparaît supérieure à celle du Made in France (18,6 %)". Avec cette dernière qui "est passée de 22,9 % à 24,5 % entre 2010 et 2018, alors que celle du Made in France a peu évolué entre ces deux dates (18,2 % en 2010 contre 18,6 % en 2018)". De quoi nuancer les propos parfois défaitistes sur la compétitivité des entreprises françaises à l’étranger.
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