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Macro-économie / Taux / Déficit commercial / Haut-Commissariat au Plan

Macro-économie / Taux
Déficit commercial / Haut-Commissariat au Plan

Commerce extérieur : d’où vient le mal français ?

Dans un rapport dressant une cartographie inédite des échanges commerciaux de la France, le Haut-Commissariat au plan relève que 10% des produits sont à l’origine de 80% de la somme des déficits.
François Bayrou, Haut-commissaire au Plan - Thomas COEX / AFP
François Bayrou, Haut-commissaire au Plan - Thomas COEX / AFP

C’est l’un des maux économiques français. Depuis une vingtaine d’années, la balance commerciale de l’Hexagone affiche un déficit se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards d’euros sans jamais que les pouvoirs publics n’aient réussi à inverser durablement la tendance. "La crise de notre appareil productif est un des éléments centraux de l’inquiétude que beaucoup de nos compatriotes nourrissent pour l’avenir de notre pays", écrit ainsi François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan, à l’occasion de la publication d’un rapport sur le commerce extérieur par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) qui démontre que 10 % des postes/produits représentent à eux seuls de l’ordre de 80 % de la somme des déficits.

Afin d’identifier les faiblesses de l’économie française, le HCP a dressé pour l’ensemble des postes/produits (il y en a plus de 9.000) les soldes commerciaux pour les années 2019 et 2020. Il ressort qu’en 2019, 914 postes/produits affichent un déficit commercial de plus de 50 millions d’euros, pour un total de - 217 milliards d’euros, (hydrocarbures inclus mais la conclusion ne diffère pas en les excluant), tandis que la somme des déficits atteint 266 milliards d’euros. Pour 2020, le résultat est semblable.

Aussi, "après un examen approfondi de nos avantages comparatifs en la matière, ces produits en déficit pourraient correspondre aux champs potentiels d'une stratégie de reconquête de l'appareil productif", explique le rapport. Parmi ces produits, le HCP en énumère une cinquantaine dans huit domaines : alimentaire, transports, objets de la maison, machines et outils, matériaux, textile, produits médicaux et pharmaceutiques, et hydrocarbures. La France importe ainsi, entre autres, plus de tomates, de kiwis, de biscuits, de gaufrettes, de bateaux de plaisance, de machines à laver (déficit d’un demi-milliard d’euros en 2019), de machines à traire (alors qu’elle est une puissance laitière) ou encore de pantalons qu’elle n’en exporte.

La politique économique ne saurait venir à bout de l’ensemble des déficits commerciaux enregistrés par la France. "La culture du café par exemple, produit présentant un déficit commercial de plus de 1,3 milliard d’euros en 2019, paraît difficilement envisageable à grande échelle sur notre sol", analyse ainsi le HCP. C’est pourquoi ce dernier met en exergue trois paramètres pour déterminer quels produits devraient faire l'objet d'une "stratégie de reconquête industrielle".

D'une part, il faut "l’existence d’une demande nationale pérenne, appelée à se maintenir ou à progresser dans l’avenir". D'autre part, des débouchés à l’export (dans le marché européen d’une part, et à l’égard des pays tiers d’autre part) doivent apparaître ainsi que leur maintien ou leur croissance à l’avenir. Enfin, doit être pris en compte "l’existence d’atouts de production et d’innovation permettant le développement compétitif des activités industrielles dans le champ considéré (compétences techniques ou scientifiques, moyens de productions spécifiques, tissu industriel, infrastructures …)". A ce propos, "la provenance actuelle des produits que nous importons, selon qu’il s’agit ou non de pays au modèle social et aux conditions socio-économiques et environnementales comparables aux nôtres, doit être examinée. Elle constitue un indice de la possibilité de renforcer ou de restaurer une production nationale", ajoute le rapport.

Le Haut-Commissariat au Plan entend dans les prochaines semaines "engager avec les acteurs des filières un travail approfondi, en concertation, sur la manière dont les productions nationales pourraient être renforcées ou constituées", précise-t-il dans son rapport.

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