Macro-économie / Taux / Déficit commercial / Etats-Unis
Macro-économie / Taux
Déficit commercial / Etats-Unis
Le déficit commercial américain fait son retour dans les abysses
C’est le troisième déficit le plus important de l’histoire depuis que le Département du commerce américain (à travers le Bureau of Economic Analysis) publie les données mensuelles de la balance commerciale – janvier 1992. En effet, en août, il a atteint 67,1 milliards de dollars, soit le pire chiffre depuis août 2006 (68,2 milliards de dollars) et derrière celui affiché en octobre 2005 (67,3 milliards de dollars). Sur les huit premiers mois de l’année, le déficit se situe à 421,8 milliards de dollars ; la plus mauvaise performance depuis 2008.
Rappelons tout d’abord que structurellement, le déficit commercial américain est le fruit du secteur des biens. En août, le déficit du secteur s’est élevé à 83,9 milliards d’euros quand les services se sont avérés, comme à leur habitude, excédentaires - pour 16,8 milliards de dollars. Grande bataille menée par Donald Trump tout au long de son mandat, le déficit du secteur des biens s’explique pour un tiers par la Chine (29,8 milliards) et pour près d'un quart par les échanges avec l'Europe (19,9 milliards).
Ce creusement du déficit commercial trouve son origine dans une importante divergence entre le rythme de reprise des exportations et des importations. De fait, ces dernières se situent 3 % en dessous de leur niveau d’avant-crise, quand les exportations évoluent à 82 % de leur niveau de février. Sans surprise, le secteur américain des services à l’export est particulièrement mal en point: il évolue au niveau qui était le sien en mars… 2011 - donc un quart en dessous de son niveau de février.
Plus globalement, à 411 milliards de dollars, le volume des échanges commerciaux (importations + exportations) américains évolue à 90 % de son niveau d’avant-crise. Andrew Hunter, économiste senior pour Capital Economics, explique qu'une "grande partie de la vigueur des importations reflète la reconstitution des stocks [...]. En tout état de cause, la reprise de la consommation signifie que la croissance du PIB semble encore avoir rebondi de près de 30 % en rythme annuel [6,7% en glissement trimestriel simple, ndlr]." James Watson, économiste chez Oxford Economics, prévient que "la reprise du commerce se poursuivra dans les mois à venir, les indicateurs avancés indiquant une croissance décente en septembre. Toutefois, nous estimons que le volume total des échanges commerciaux va chuter en moyenne de plus de 12 % en 2020, ce qui constitue un record".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

