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Macro-économie / Taux / Déficit commercial / produits manufacturés / France / énergie

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Déficit commercial / produits manufacturés / France / énergie

Le déficit commercial français s’effondre de 40 % sur un an / Une amélioration qui devrait avoir mangé son pain blanc

Du fait de la dégringolade des prix de l’énergie, le déficit du solde des échanges de marchandises avec le reste du monde s’est résorbé de 63,1 milliards d’euros en 2023, atteignant 99,6 milliards d’euros, d’après les Douanes. Il ne faudra pas compter sur un franc embellissement cette année.
SEBASTIEN BOZON / AFP
SEBASTIEN BOZON / AFP

La balance commerciale de la France doit beaucoup à l’apaisement du contexte sur le plan énergétique. Ce solde qui retrace les échanges de marchandises de l’Hexagone avec le reste du monde a enregistré un déficit de 99,6 milliards d’euros en 2023, d’après les données des Douanes, ce qui représente une baisse de 63,1 milliards d’euros par rapport à 2022. "Cette amélioration est principalement due à la hausse du solde des produits énergétiques et, dans une moindre mesure, des produits manufacturés", expliquent les Douanes.

S’affichant à 69 milliards d’euros en 2023, le déficit du solde des échanges de produits énergétiques a diminué de 46,6 milliards d’euros. L’on doit ce phénomène d’une part à l’effondrement des prix des hydrocarbures lié au ralentissement de la croissance mondiale et aux moindres craintes afférentes à l’approvisionnement en gaz.

D’autre part, la France est redevenue exportatrice nette d’électricité, son solde s’établissant à 4 milliards d’euros après s’être détérioré de 10 milliards d’euros en 2022. Cela tient notamment "au rétablissement des capacités productives du parc électronucléaire, dont les problèmes de corrosion sous contrainte ont été résolus", indique Manon Madec, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

Du côté des échanges de produits manufacturés, dont le déficit structurel de plusieurs dizaines de milliards d’euros reflète entre autres la désindustrialisation française, la valeur des importations dépasse celle des exportations de 54,8 milliards d’euros, soit une amélioration de 22,8 milliards d’euros sur un an. Cet embellissement provient pour l’essentiel des "autres produits industriels" dont l’amélioration du solde explique les trois-quarts de la réduction du déficit manufacturier.

La majorité de l’amélioration sur ces produits concerne les produits chimiques parfums et cosmétiques (+7,7 milliards) ou encore le textile (+5,4 milliards) et les produits métallurgiques et métalliques (+2 milliards d’euros). "Ces secteurs avaient bénéficié d’une conjoncture exceptionnelle en 2022 (contexte de pénuries), une forte demande ayant fait croitre le chiffre de leurs importations en 2022. En 2023, cette demande s’est largement normalisée, d’où un reflux des importations et un retour à la normale du déficit sectoriel", analyse Stéphane Colliac, économiste senior chez BNP Paribas.

Après une année 2023 qui signe le retour à la normale sur plusieurs composantes des échanges de biens de la France, la marge d’amélioration supplémentaire attendue cette année du déficit commercial apparaît limitée, d’après Stéphane Colliac. Le dernier rapport économique, social et financier rédigé par la direction générale du Trésor (joint au projet de loi de finances 2024) ne dit pas autre chose. La puissante direction de Bercy s’attend à ce que le déficit commercial demeure proche de 100 milliards d’euros en 2024.

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