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RH : compliance, est-on arrivé à la croisée des chemins ?

Alors que les réglementations bancaires se sont multipliées et que les établissements ont mené d'importants recrutements, il y a toujours des trous dans la raquette. La technologie, alliée à une formation du collectif, peuvent être une manière de rationaliser la mise en oeuvre de la conformité.
Droit - justice - avocat - code - régulation
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Le risque zéro dans le domaine bancaire n’existe pas. Le scandale de blanchiment d’argent de Danske Bank, comme de nombreuses affaires, montrent bien que malgré la multiplication des réglementations post-crise, il y aura potentiellement toujours des trous dans la raquette. "Vous pouvez multiplier les services de compliance, ce ne sera jamais suffisant. C’est tellement compliqué qu’on échappera toujours à quelque chose. En revanche, vous payez la multiplication par des surcoûts et de la lenteur", explique Hervé Borensztejn, partner chez Heidrick & Struggles.

Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. "On a nettement avancé depuis 2007-2008, les menaces et les sanctions des autorités américaines - comme l’illustre la sanction BNP Paribas, les banques se sont mobilisées et les politiques ont été renforcées", souligne Thomas Rocafull, partner chez Sia Partners. Pour arriver à ce niveau d’alerte élevé, les banques ont dû recruter beaucoup et rapidement. Mais la multiplication des spécialistes de la compliance est-elle en phase d’essoufflement ?

Si la compliance a été jusqu’à il y a dix ans trop souvent le parent pauvre, elle est devenue aujourd’hui incontournable. Elle représenterait d’ailleurs entre 1 et 2% des effectifs au sein des établissements financiers. Un ratio assez important, qui serait arrivé à maturité. Les banques ont généralement plusieurs niveaux de contrôle. Il y a les contrôles de niveau 1, opérationnels. Puis de niveau 2, durant lesquels les personnes vérifient que le contrôle a été bien fait et peuvent ajouter des paramètres supplémentaires. Le niveau 3 peut s’assurer que tous les dispositifs fonctionnent correctement quand le 4 serait du ressort des autorités de contrôle (BCE, ACPR), pour schématiser.

"Il faut déployer correctement les moyens, rationaliser les métiers et les organisations. Aujourd’hui, nous devons nous appuyer sur la technologie pour recruter plus efficacement", estime Thomas Rocafull. Et d’expliquer : "La compliance est un métier administratif. Les robots pourraient alléger certaines tâches comme faire de la veille, de la recherche, donner des premiers avis. Cela permettrait aux équipes compliance de se concentrer sur le cœur de leur métier : l’analyse." Le tout en continuant à coller aux nouveaux produits et modes de fonctionnement, qui s’ils ne sont pas suivis de près, peuvent créer de nouveaux risques.

Repenser l’organisation dans son ensemble est également une solution. "Il faut responsabiliser chacun. Il faut que tout le monde puisse également lever la main sans que cela ne lui soit reproché. C’est un choix de leadership", estime Hervé Borensztejn. Thomas Rocafull rapporte que d’ailleurs une part des variables peut être liée au contrôle (dans le niveau 1 par exemple), ce qui est une manière de motiver les personnes. Il y a évidemment aussi la dimension conscience collective : "Plus on est dans de grandes organisations, plus le contrôle est difficile, plus l’auto-contrôle est efficace. Il faut remettre de l’humain au cœur des process. Ce sont les valeurs que le dirigeant va incarner qui vont servir de boussole", ajoute Hervé Borensztejn. "C’est comme à l’époque où l’on parlait beaucoup de la sécurité au travail. Si on avait sécurisé chaque personne et chaque tâche de manière drastique, ça n’aurait pas pu fonctionner. C’est la prise de conscience individuelle, la transformation culturelle qui en a découlé, souvent déclenchée par des formations, qui a permis de réduire les risques".

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