José Gonzalo : capital-développeur
C’est notamment la curiosité qui a poussé José Gonzalo à rejoindre Bpifrance en 2014. Il y aura été responsable du fonds ETI 2020 au sein de la direction Mid&Large Cap, dont il a assuré le pilotage entre octobre 2016 et septembre de cette année. Dorénavant, ce deal maker d’expérience chapeaute la direction du capital développement. C’est-à-dire qu’il gère le portefeuille de 639 entreprises de Bpifrance, qui réunit désormais sous une même entité les PME, les ETI et les grandes entreprises. Une transversalité qui permet d’avoir un suivi des sociétés tout au long de leur vie.
En tout, les actifs sous gestion pèsent pour 19,3 milliards d’euros. Et les rendements ne font pas rougir en comparaison à ceux du secteur privé. Dans le détail, la direction dispose d’une poche d’environ 500 millions d’euros à investir dans les PME et ETI, et d’une poche équivalente pour les grands groupes (sachant que pour ces opérations les montants sont très importants et que 500 millions est donc plutôt un chiffre repère) par an. Dernièrement, la banque publique a ainsi investi dans la société familiale, constructrice de bateaux, Beneteau. Les entreprises privilégiées restent celles qui ont un impact sur le dynamisme industriel ou ont des impacts sociétaux. Pour les grands groupes, il s’agit d’avoir un noyau stable français, quand pour les PME et ETI les sujets sont plus nombreux, allant de la digitalisation à l'internationalisation.
Ce que note surtout José Gonzalo, c’est que le portefeuille global comprend 442 PME (174 ETI et 23 grandes entreprises). Bpifrance souhaite être présente pour les primo ouvertures. "Nous avons un tissu industriel très familial. Quand se pose la question de l’ouverture au capital, il faut être présent, savoir rassurer les entrepreneurs ou les familles, devenir leur partenaire", explique José Gonzalo. Ainsi, les deux tiers des dossiers relèvent-ils de primo ouvertures. A noter que Bpifrance est présente dans presque tous les conseils d’administration des sociétés dans lesquelles elle est investie : "On accompagne les dirigeants de PME à structurer une gouvernance efficace, afin de pousser les entreprises à avoir des administrateurs indépendants, à faire des cartographies des risques etc.", précise le dirigeant.
Ce dernier connaît la vie des conseils. Il est actuellement administrateur de Paprec ou encore de CMA CGM. Dans sa carrière, José Gonzalo, 53 ans, a eu également à convaincre des conseils de se lancer dans des opérations, de la même manière qu’il a eu à travailler avec des cibles. "Il m’a fallu convaincre des entreprises d’être rachetées ou de fusionner. C’est de la conviction et de la séduction", rapporte José Gonzalo. Après ses études à Sciences Po et Dauphine, il a travaillé pour la Compagnie Financière Rothschild en M&A. Il a ensuite rejoint Orange, où il a notamment été directeur développement et directeur des fusions et acquisitions, avant d’intégrer Capgemini en 2009 pour prendre la tête des M&A. En tout, il a dû réaliser plus de 100 acquisitions majoritaires au cours de sa carrière. "Au-delà des financements, il faut savoir mener les intégrations, connaître les différentes cultures, cela sert aussi à ça d’avoir Bpifrance comme partenaire", souligne José Gonzalo.
Ce dernier partage dorénavant son temps entre le management d’équipes – dont il note l’enthousiasme pour un travail qui a du sens – et le temps sur le terrain, "son péché mignon". "Les entrepreneurs sont rassurés quand les dirigeants sont présents. Il faut savoir convaincre une société familiale d’ouvrir son capital. Par ailleurs, en regroupant les PME, le mid et le large cap dans la même direction, cela donne aussi du poids aux personnes sur le terrain car cela représente le continuum de financement", explique José Gonzalo.
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