La publication de rapports intégrés en nette progression
Les rapports intégrés gagnent du terrain. Selon un panorama signé Deloitte et publié ce mercredi, 36 sociétés du SBF 120 ont publié au premier semestre un document désigné comme tel ou s’en rapprochant fortement. Sont concernés : Air Liquide, Atos, Bouygues, Crédit Agricole, Danone, L’Oréal, Sanofi ou encore Société Générale. Soit une progression de 50% par rapport à l’année précédente.
Qu’est-ce qu’un rapport intégré ? Celui-ci "peut être défini comme une communication concise portant sur la manière dont la stratégie, la gouvernance, la performance et les perspectives de l’organisation la conduisent, compte tenu de son écosystème, à créer de la valeur dans le temps", explique Deloitte. Il s’agit d’un document qui n’est pas obligatoire. Il est néanmoins un moyen pour l’entreprise de communiquer sur ses fondamentaux et de renvoyer vers des documents réglementaires plus détaillés.
Deloitte a étudié six thématiques : la méthodologie, le business model, les risques et les opportunités, la gouvernance, les indicateurs de performances et la connectivité. Il en ressort plusieurs enseignements : 13 rapports sont inclus dans le document de référence (ou rapport annuel à l’assemblée générale pour deux sociétés de droit étranger) et 23 ont choisi un rapport intégré autonome qui remplace souvent le rapport de développement durable ou le rapport annuel institutionnel (ou brochure corporate).
Par ailleurs, 67% des entreprises concernées ont présenté leur dispositif de gestion des risques. Elles sont 42% à mentionner les mesures de gestion de chaque risque et 36% à faire part des opportunités liées aux risques. En ce qui concerne la gouvernance, les informations "ont connu une inflation depuis quelques années". 28% des sociétés abordent les compétences de leurs administrateurs. Elles sont la moitié à détailler les principes de rémunération de la direction générale et 22% à écrire sur les critères de rémunérations variables. Un quart montre en outre une corrélation entre rémunération et performances du groupe.
Autre enseignement : "Parmi les principes directeurs pour la préparation d’un rapport intégré, la connectivité apparaît comme l’une des notions les plus novatrices et difficiles à appréhender". Les formes de connectivité les plus notables dans les rapports intégrés portent sur les connexions entre les changements dans l’écosystème de l’entreprise, et leurs impacts sur sa stratégie et son business model ou encore les interdépendances et les arbitrages entre les capitaux.
Deloitte émet plusieurs recommandations en ce qui concerne les rapports intégrés, pour lesquels plusieurs associations de place militent. Le cabinet prône une adaptation du rapport à la situation, à la culture, aux enjeux et à la communication financière existante. "Le rapport intégré doit être pensé comme un rapport ‘pivot’ de la communication financière et non financière, ouvrant sur les supports plus spécifiques le cas échéant. Ce n’est pas un ‘rapport de plus’ mais une évolution structurelle de la communication d’entreprise", est-il précisé.
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