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Guide de survie des sociétés dans le monde des activistes

Le cabinet Deloitte a publié une étude sur le phénomène des fonds activistes, leurs modes opératoires mais aussi les neuf pistes à destination des sociétés pour qu’elles mènent leur propre transformation en amont.
Deloitte
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Les investisseurs activistes continuent de faire couler beaucoup d’encre et, de ce point de vue, le cabinet de conseil et d’audit Deloitte s’est livré à un exercice pédagogique à l’intention des corporates, dans une étude intitulée "Soyez votre propre activiste – développer l’état d’esprit d’un fonds activiste". Il commence par un état des lieux de ce marché en pleine explosion : selon les données d’Activist Insight, ces investisseurs ont investi près de 300 milliards de dollars dans des campagnes et le nombre de celles-ci a atteint plus de 850 sur entre octobre 2017 et 2018. Deloitte s’intéresse en particulier au cas des grands activistes, qui ont investi plus de 500 millions de dollars et représentent environ 15 % du marché.

Plusieurs tendances émergent dans ce marché : les activistes cherchent principalement des cibles large cap (plus de 10 milliards de dollars de capitalisation), où les perspectives de rendement sont meilleures, surtout en raison des montants mis en jeu. Ils sont en outre de plus en plus aidés par les fonds passifs, qui représentent désormais 20 % des actifs sous gestion dans le monde. Or, "l’appui d’un seul de ces fonds passifs donne aux activistes un avantage décisif. L’appui d’un seul de ces fonds passifs permet à l’activiste de n’avoir à solliciter que très peu de votants pour gagner une bataille de procurations", relève Deloitte dans son étude. En outre, l’activisme est de moins en moins limité aux États-Unis, leur marché d’origine. "L’intérêt suscité par les États-Unis pour les plus grands activistes a baissé (70 % de leurs campagnes en 2014 contre un peu plus de 50 % au cours des 12 derniers mois)", selon l’étude, qui relève que les fonds ont plus de mal à trouver des cibles et que le cycle haussier récent n’a pas joué en leur faveur. De ce point de vue, une correction pourrait donc ranimer l’intérêt des activistes pour les US.

En Europe, les réformes réglementaires sont aussi favorables aux activistes, notamment la directive concernant les droits des actionnaires. "Cela pourrait mener les fonds activistes à mobiliser de façon plus agressive les actionnaires, notamment les fonds institutionnels passifs, pour obtenir leur soutien sur les changements qu’ils souhaitent faire adopter", souligne Deloitte, qui démontre aussi que les fonds américains sont attirés par les niveaux de valorisation moins élevés sur le Vieux Continent. Enfin, l’environnement d’incertitude sur la guerre commerciale ou encore le Brexit, qui incite les entreprises à l’attentisme, plaide aussi en faveur des activistes. Qui sont 76 % à s’attendre à des accords avec leurs cibles plutôt qu’une bataille de proxy "coûteuse et embarrassante".

Deloitte analyse ensuite le mode opératoire des fonds, de l’identification de la cible à la rencontre avec le management, et la recherche de soutien, mais aussi un état d’esprit très propre à cette catégorie d’investisseurs. Face à cette lame de fond, comment les entreprises peuvent-elles agir pour se prémunir contre ce type de campagne ? Le cabinet identifie neuf pistes de diagnostic de leur part afin de remédier à leurs faiblesses. Tout d’abord, le rendement pour l’actionnaire est-il faible par rapport aux pairs ? Ensuite, la structure de capital montre-t-elle des entités surendettées ? Le positionnement commercial doit-il être remis en cause en raison des niveaux de croissance et de marge ? L’entreprise soufre-t-elle d’une décote de holding par rapport à la somme de ses activités ? Certaines activités affichent-elles de plus faibles rendements ? Des changements opérationnels (baisse de coûts, productivité) peuvent-ils encore améliorer ce rendement ? La gestion de la trésorerie est-elle optimale ? Les objectifs de création de valeur sont-ils correctement identifiés et communiqués aux actionnaires ? Et enfin, faut-il opérer des changements dans le management ou le board pour veiller à une meilleure exécution de cette stratégie ? Autant de questions qui reviennent régulièrement à l’attention des dirigeants et du board, mais sont d’autant plus cruciales à adresser dans un monde de plus en plus activiste.

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