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Evenements / Activiste / Carl Icahn

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Activiste / Carl Icahn

L’activiste qui ne prenait pas de vacances

A 82 ans, l’investisseur activiste Carl Icahn vient de lancer une nouvelle campagne pour contrer le mariage à 67 milliards de dollars entre Cigna et Express Scripts dans la santé, qu’il juge trop cher. Il intervient tard alors que l’opération doit être approuvée d’ici la fin du mois, mais son pouvoir déstabilisateur n’est pas à sous-estimer.
Carl Icahn
Carl Icahn

« Beaucoup de gens sont morts en luttant contre la tyrannie. Le moins que je puisse faire, c’est voter contre elle. » Cette phrase célèbre de l’activiste Carl Icahn prononcée en 1988 en dit long sur la pugnacité et la longévité de l’investisseur, qui est également un proche conseiller de Donald Trump. A 82 ans, ce dernier ne montre aucun signe de fatigue, même au cœur de la période estivale. Mardi, il a ainsi officiellement lancé une campagne contre la fusion à 67 milliards de dollars annoncée en mars dernier entre l’assureur Cigna, dont il est actionnaire, et le gestionnaire de prescriptions (une tierce partie entre les pharmacies et assureurs aux US) Express Scripts.

Les arguments de l’activiste sont de plusieurs natures. Tout d’abord, le prix « ridicule » de cette opération selon lui, qui avait offert une prime de 30% sur le cours de Bourse alors même qu’Express Scripts ne bénéficie ni d’une large base de clients ni de fortes barrières à l’entrée. Carl Icahn fait valoir deux menaces majeures au développement de la cible : l’arrivée d’Amazon dans le secteur, qui a déboursé 1 milliard de dollars pour racheter Pillpack et se positionne sur la distribution de médicaments. Mais aussi la remise en cause des intermédiaires comme Express Scripts dans le système de santé américain. Et de citer le secrétaire à la Santé américain, Alex Azar, qui souhaite aller vers un système où les prestataires négocient des contrats fixes, et non avec des réductions au cas par cas comme actuellement, et où les intermédiaires comme Express Scripts ne seraient plus rémunérés par les laboratoires pharmas.

Certes, le secteur de la santé américaine est en plein big-bang, comme le montre également l’initiative de Warren Buffett, Jamie Dimon et Jeff Bezos pour remettre à plat un système défectueux. Et le Président Donald Trump a lui-même donné de la voix pour réclamer des baisses de prix des médicaments, et a même réussi à faire reculer le géant Pfizer, qui a reporté ses augmentations de prix après que le CEO a rencontré le locataire de la Maison Blanche. L’environnement est donc de plus en plus difficile pour les laboratoires et au lieu de surpayer un tiers à l’avenir incertain, Cigna devrait signer plutôt un partenariat avec lui et surtout racheter des titres pour récompenser ses actionnaires.

Carl Icahn est arrivé sur le tard dans cette opération, qui doit être approuvée lors de l’assemblée générale des actionnaires le 24 août prochain. Une fusion verticale, à l’image de celle entre les pharmacies CVS et l’assureur Aetna, est une solution stratégique judicieuse pour Cigna, dans un secteur en consolidation, d’autant qu’elle ne pose aucun problème du côté des autorités antitrust. Mais c’est le choix de la cible qui fait grincer les dents de l’activiste, qui pourrait avoir des oreilles attentives.

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