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Le café peut-il sauver Bill Ackman?
Un petit noir pour voir la vie un peu – plus – rose, voilà ce que vient de décider Bill Ackman. Le célèbre investisseur activiste a révélé une de ses plus grosses prises de position récentes lors d’une conférence à New York mardi, après plusieurs mois d’absence. Il a ainsi révélé avoir acheté 15,2 millions d’actions Starbucks, soit 1,1% du capital, pour une valeur totale d’environ 900 millions de dollars. Son hedge fund, Pershing Square Management, a acquis les titres à un prix moyen de 51 dollars par action depuis quelques mois, ce qui signifie qu’il a déjà dégagé un rendement de 13% sur cet investissement.
Comme pour la plupart de ses paris, l’investisseur voit grand. Certes, il a reconnu que les ventes à nombre de points de vente égaux et la valorisation avaient chuté récemment, et que la société avait été confrontée à un défi de leadership, après le remplacement de l’emblématique Howard Schultz par Kevin Johnson au printemps 2017. Mais pour le hedge fund, pas de doute Starbucks est une "rare opportunité de détenir un des meilleurs actifs mondiaux avec une décote". Il juge même que le titre pourrait doubler dans les trois prochaines années si le nouveau patron arrive à accélérer la croissance.
La Chine représente bien sûr un relais de croissance primordial pour le groupe, qui y a ouvert son premier café en 1999 et ouvre à l’heure actuelle un point de vente toutes les 15 heures, avec pour ambition d’atteindre les 6 000 cafés dans 230 villes d’ici 2022. Le groupe a également frappé un grand coup lorsqu’il a vendu à Nestlé la distribution de la majorité de ses produits à travers le monde pour 7,15 milliards de dollars, moyennent royalties et sans date de fin. Enfin, argument de taille pour l’activiste : un rendement de premier plan, puisque Starbucks compte racheter 20% de sa capitalisation boursière sur deux ans.
Cette nouvelle stratégie de la part de Bill Ackman a fait grand bruit, et le titre Starbucks a bondi de 2% après-Bourse après cette annonce. Il faut dire que l’activiste s’est fait discret ces derniers mois, après plusieurs paris ratés et un début d’année dans le rouge. Alors que le hedge fund pesait 20 milliards de dollars en 2015, il a été divisé par deux en raison notamment de sa campagne médiatique catastrophique sur le laboratoire Valeant, dont il est sorti l’an passé en encaissant une perte sèche de 3 milliards de dollars. Il a également fait un "short" désastreux sur Herbalife, qu’il accusait d’être un schéma de Ponzi mais qui a été soutenu ensuite par Carl Icahn, et qu’il a finalement vendu dans la douleur en février dernier.
Bill Ackman compte désormais sur la nouvelle génération, qui selon lui "délaisse les sodas pour le café", pour se racheter avec sa position Starbucks. Lundi, le groupe a nommé un directeur financier, qui va mettre en place une stratégie de resserrement des coûts et notamment la fermeture de 150 cafés aux Etats-Unis en 2019. Il mise surtout sur la capacité de Kevin Johnson à relancer la croissance de Starbucks sans Howard Schultz, qui a quitté l’entreprise en juin dernier. Il en va de sa réputation et de son avenir : à l’heure actuelle, son fonds public de 8,4 milliards de dollars est certes en meilleure posture, qui grâce à son pari sur Chipotle et Nike est en hausse de 15,8% cette année.
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