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Carl Icahn contre Michael Dell : deuxième round
C’est une campagne pas tout à fait comme les autres, qui a comme un goût de revanche. Ce lundi, l’activiste Carl Icahn a dévoilé avoir pris une part de 8,3% dans VMWare, une filiale à 81% de Dell qui fait office de "tracker", c’est-à-dire qu’il suit la performance de sa maison-mère. L’investisseur compte s’opposer à la fusion annoncée par Dell avec VMWare pour 21,7 milliards de dollars, qui lui permettrait de revenir en Bourse à un moindre coût et surtout sans avoir à réduire drastiquement la dette acquise lors du LBO au préalable.
Carl Icahn et Michael Dell se connaissent bien, car l’activiste avait déjà donné de la voix pour contrer son LBO à près de 25 milliards de dollars en 2013, jugeant que le fondateur de Dell et le fonds Silver Lake avaient nettement sous-valorisé son groupe. Après un affrontement d’une rare violence, Michael Dell avait finalement eu gain de cause et introduit sa première intervention post-LBO avec ces mots : "C’est formidable d’être ici et de ne pas avoir à vous présenter Carl Icahn". L’activiste avait néanmoins réussi à obtenir une surenchère et est reparti avec une part valorisée à 2,2 milliards de dollars, si bien qu’il a engrangé le jackpot sur ce deal sans avoir proposé de scénario alternatif.
Aujourd’hui pourtant, la situation est bien différente car plusieurs voix se sont déjà élevées pour s’opposer à la fusion entre Dell et VMWare, jugeant que la maison-mère s’était survalorisée et appliquait une décote non méritée à sa filiale. Ainsi, l’activiste Elliott, BlackRock ou encore d’autres actionnaires qui représentent près de 20% du capital ont déjà critiqué cette opération. Ce qui a incité Carl Icahn à se joindre à la bataille : "Je crois fermement que Dell et Silver Lake essaient de capturer 11 milliards de dollars de valorisation qui nous appartiennent", estime-t-il, dans la mesure où l’opération prévoit le versement d’un dividende exceptionnel de 9 milliards de dollars pour permettre à Dell de se financer. Surtout, Carl Icahn a confirmé avoir envie d’en découdre. "Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour stopper cette fusion. C’est mieux d’avoir la paix que la guerre, mais soyez-en assurés, j’aime toujours une bataille pour les bonnes raisons, et dans la situation actuelle, je ne vois pas la paix arriver rapidement", a-t-il ajouté.
La montée de la discorde pourrait inciter Dell à revoir ses plans de fusion inversée, et de se lancer dans une IPO directe. Le groupe avait envisagé cette option mais y avait renoncé en juillet dernier, jugeant que son niveau de dette - à plus de 37 milliards de dollars - risquerait de déplaire aux investisseurs. Néanmoins, le groupe basé au Texas aurait relancé l’idée ces dernières semaines, au regard de l’incertitude sur la fusion avec VMWare. Selon le Wall Street Journal, il aurait reporté des roadshows sur cette opération fin septembre, et interviewé des banques pour une IPO directe. Véritable projet ou tactique pour mettre la pression sur les actionnaires de VMWare ? L’avenir nous le dira, mais ces derniers ont en tout cas l’air déterminés à défendre leurs intérêts.
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