A quel parti les patrons américains donnent-ils leur argent ?
De plus en plus, les dirigeants de grandes entreprises américaines sont obligés de prendre position sur des sujets politiques dans l’administration Trump, comme cela a encore été le cas récemment avec le Davos du désert saoudien. Cela se manifeste aussi aujourd’hui dans leurs dons aux campagnes politiques, à un peu plus de deux semaines des élections de mi-mandat. Le site Marketwatch a compilé les contributions faites par les grands CEO américains, qui apportent des enseignements mais aussi quelques surprises.
Au total, 388 patrons américains du S&P 500 ont ainsi dépensé 24 millions de dollars pour des campagnes politiques entre le 1er janvier 2017 et le 31 août 2018. Parmi les 10 millions de dollars de dons destinés à l’un ou l’autre des partis, les républicains courent largement en tête, avec une cagnotte de 7,43 millions de dollars, contre 2,63 millions de dollars pour les démocrates. Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon et l’homme le plus riche au monde, a été le plus généreux mais s’est voulu non-partisan puisqu’il a alloué un peu plus de 10 millions de dollars versés à un super-PAC, un comité d’action politique ayant pour but de faire élire des vétérans militaires. Howard Schultz, l’ancien patron de Starbucks qui est murmuré comme potentiel candidat présidentiel, a fait de même en versant 50.000 dollars à cette entité. Ce sont deux exceptions, dans la mesure où les avis sont tranchés et 84% des patrons ont donné 70% ou plus de leur argent à un parti.
Car les républicains ont engrangé deux très gros chèques : celui de John Hess, le patron du groupe pétrolier éponyme, et celui de Steve Wynn, le patron des casinos du même nom et qui a lui aussi subi des accusations d’agression sexuelle. A eux deux, ils ont apporté pas moins de 1,67 million de dollars à la cause républicaine. Par ailleurs, Randall Stephenson d’AT&T a donné 100.000 dollars aux républicains, probablement pour plaider le dossier de sa fusion avec Time Warner, même si cela n’a pas été concluant puisque le Département de la Justice s’y est opposé.
Comme attendu, les patrons de la Silicon Valley se démarquent aussi comme d’importants contributeurs, exclusivement pour la cause démocrate : Reed Hastings de Netflix (571.600 dollars) et Marc Benioff de Salesforce (202.233 dollars), mais aussi James Murdoch de 21st Century Fox (506.666 dollars), du côté des médias. L’icône Warren Buffett est de son côté un soutien historique des démocrates, à qui il a alloué 104.900 dollars.
Enfin, certains patrons emblématiques semblent vouloir rester à l’écart des campagnes politiques. C’est ainsi le cas de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook qui n’a donné que 10.000 dollars au super-PAC de Facebook, qui finance les deux partis à parité. Sa position est devenue très délicate depuis que le réseau social a reconnu avoir été piraté par les Russes lors des dernières élections, et il cherche aujourd’hui à protéger les prochaines élections de mi-mandat, sans être accusé de biais. Tim Cook d’Apple n’a versé que 2.400 dollars à Zoe Lofgren, une candidate démocrate de son district de San José en Californie, et Jamie Dimon de JP Morgan n’a abondé que 2.700 dollars au sénateur républicain Orrin Hatch, qui a depuis annoncé qu’il ne se présenterait pas à un nouveau mandat.
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