La BCE veut des banquiers plus modernes
Les fonctions les plus élevées au sein des plus grandes institutions financières doivent être assurées par un personnel suffisamment compétent. La législation de l’Union européenne établit que les autorités de régulation doivent juger les membres des conseils de surveillance et de direction des 118 banques les plus importantes des Etats membres - qui détiennent près de 82% des actifs bancaires de la zone euro. Ainsi, la BCE a le pouvoir de refuser toute nomination "si elle considère que le candidat n’est pas ‘apte’ à occuper ce poste". A noter qu'elle a toujours gardé secrète la justification de ces décisions depuis que ce pouvoir lui a été conféré.
D’après Financial News, la présidente du conseil de supervision au sein de la BCE, Danièle Nouy – dont le prochain successeur est d’ailleurs toujours en discussion – aurait déclaré lors d’une conférence sur l’éthique bancaire que "les règles ne sont pas aussi harmonisées qu’elles le devraient dans une union bancaire. Et elles ne sont pas adaptées aux défis de la banque moderne". La présidente reproche les différences de législation nationale qui ne permettent pas à l’union de fonctionner selon des normes communes. Et si les critères de sélection des banquiers sont homogènes, ils ne sont pas assez "stricts" et ne disent rien quant à la compétence des banquiers sur l’économie numérique.
La BCE se base sur cinq critères pour déterminer si un candidat est "apte" : son expérience, sa réputation, les conflits d’intérêt qu’il pourrait susciter, son engagement, son aptitude à travailler en groupe. Rien donc sur les compétences des candidats quant aux nouveaux défis majeurs du numérique. Les critères sont plutôt larges et laissent néanmoins à la BCE une grande marge de manœuvre pour justifier ses choix en interne.
Quant à la diversité des mises en pratique, le journal cite le cas de l'Hexagone : "La France, pour sa part, permet aux banquiers de commencer à travailler dès le lendemain de leur nomination. Ils sont obligés de se retirer si la BCE estime qu’ils échouent aux tests d’adéquation". Mais après deux mois de prise de fonction, le pouvoir de la BCE s’annule. "Pour éviter ce genre de situation délicate, les banques françaises demandent au préalable conseil à leur régulateur".
La situation espagnole est autre : les banquiers ne prennent leur fonction qu’après avoir reçu le feu vert de la Banque centrale. Le 25 septembre dernier, la banque espagnole Santander qui annonçait la nomination d’Andrea Orcel - venu du groupe suisse UBS - comme directeur général, restait prudente dans un communiqué : "Cette nomination devrait entrer en vigueur au début de 2019, une fois que les autorisations correspondantes auront été obtenues".
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