Macro-économie / Taux / Angela Merkel
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Angela Merkel
« La perspective d'une Europe sans Merkel est sombre pour Macron »
"La France met la pression sur la taxe sur le numérique – l'Allemagne freine", rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Alors que les ministres des Finances de l'Union européenne se sont rencontrés mardi, à Bruxelles pour évoquer une taxation des bénéfices des géants américains du digital, "deux approches différentes entre la France et l'Allemagne se sont cristallisées", rapporte le quotidien. Alors que Bruno Le Maire, pour Paris, défend l'instauration d'une telle taxe, Olaf Scholz (SPD), souhaite "une solution internationale, au niveau de l'OCDE". "Ce n'est que si aucune solution n'est trouvée d'ici 2020 qu'il veut bien se lancer dans une taxe européenne", précise la FAZ. Il faut dire que Berlin – mais aussi le Danemark – craint une réaction de la part des Etats-Unis. "L'industrie allemande estime qu'une entreprise indépendante de l'Europe serait contreproductive", précise le quotidien.
Retour en Allemagne. "Etat d'esprit des électeurs : le SPD et l'Union continuent à chuter dans les sondages", prévient le Handelsblatt. "La chancelière Angela Merkel croit en la stabilité de la GroKo [grande coalition actuellement au pouvoir, entre le SPD, la CDU et la CSU, ndlr]. Mais la CDU continue à glisser dans les sondages, alors que le SPD chute clairement après les Verts et l'AfD". Selon une enquête commandée par le Bild, la CDU et la CSU obtiennent 24,5% de soutien parmi la population allemande, contre 13,5% pour le SPD. Les Verts reculent un peu par rapport à la semaine précédente mais réunissent 19% d'opinions favorables. Les populistes de l'AfD sont à 16,5%. "L'Union et le SPD tombent ainsi à 38% ensemble, note le Handelsblatt. Pour pouvoir gouverner en cas de nouvelle élection, ils auraient donc besoin d'un autre parti".
Quoi qu'il en soit, le Handelsblatt estimait il y a quelques jours que "la retraite de Merkel pourrait causer des dommages collatéraux à Macron". "Depuis le retrait partiel du pouvoir de Merkel, Emmanuel Macron a dû réfléchir à une perspective de l'Europe sans la chancelière. C'est sombre". Déjà parce que le président français ne connait pas bien les candidats à la succession. Et puis aussi parce que "lorsque la politique allemande est dans une phase où elle se cherche, l'Allemagne sort de la politique européenne. La réforme de l'Europe, que Macron souhaite avec persévérance, devra à minima être retardée", note le Handelsblatt. Même s'il y a peu, Emmanuel Macron "pestait" contre la chancelière, poursuit le quotidien, il pourrait donc prochainement la regretter... car "il n'a quasiment aucun partenaire dans l'UE en dehors de l'Allemagne".
La Sueddeutsche Zeitung s'intéresse déjà à l'héritage de la chancelière Angela Merkel, consacrant un article à sa politique économique. Le quotidien considère que "Merkel quitte une nation industrielle en pilote automatique". "En terme de politique économique, la chancelière n'a quasiment rien fait, dans la crise de l'euro, elle a fait des erreurs", synthétise le journal, qui estime cependant que le pays n'a jamais été aussi puissant d'un point de vue économique que maintenant. "Mais cela dépend d'une situation de laquelle Merkel n'est quasiment pas responsable". Au contraire, la SZ estime qu'elle aurait pu voire même dû mener des réformes (sur les impôts, le système social, par exemple) au lieu de laisser l'économie en pilote automatique. Son successeur risque de devoir rapidement redresser la barre, la conjoncture s'annonçant moins favorable...
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