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Carmignac en eaux troubles
Tous les feux sont résolument au rouge pour celui qui avait signé la plus grande success story de l’histoire de la gestion d’actifs. Le mois dernier, le Financial Times consacrait déjà un long article à Édouard Carmignac, titrant : "La rock star de la finance française a du mal à rester au diapason". Et c’est un énième coup dur que révèle ce matin Le Monde : Carmignac serait visé par une enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF) pour "fraude fiscale" et "blanchiment de fraude fiscale".
Fin octobre, la firme avait présenté des résultats en demi-teinte pour le troisième trimestre, avec 4 milliards d’euros de retraits sur trois mois, soit environ 7 % des actifs sous gestion, qui atteignaient 50 milliards d’euros à la fin septembre. Et une baisse de plus de 10% par rapport aux 60 milliards d’euros d’encours que la société de gestion présentait encore au 31 décembre 2017.
Le mois de septembre était aussi l’occasion pour Édouard Carmignac d’annoncer son retrait de la supervision de Carmignac Investissement, qu’il gère depuis sa création il y a près de trente ans. Il annonçait aussi son départ de la partie actions de son fonds vedette, Carmignac Patrimoine, qui n’affiche plus que 17 milliards d’euros d’encours, une baisse notable par rapport aux 30 milliards gérés à la fin 2013.
Les performances des deux fonds sont par ailleurs très inférieures à leur indice de référence, sur un an, trois ans, cinq ans et dix ans. Les explications du dirigeant ont été d’une part la sous-estimation de l’effet de la politique de Donald Trump sur les marchés, d’autre part des mauvais paris du côté de la Chine. Le quotidien britannique relayait lui une autre erreur d’Édouard Carmignac, celle de ne pas avoir été assez réactif sur le recrutement de ses équipes d’investissement.
Et la société ne cesse d’envoyer des signaux troubles à ses clients. Car c’est désormais l’enquête du PNF qu’elle va devoir affronter. D’après Le Monde, la fraude concernerait le mode de rémunération de certains de ses dirigeants, payés en dividendes au Luxembourg plutôt qu’en salaires, afin de réduire leur charge fiscale. L’avocat de la société Jean Tamalet aurait précisé à Reuters que cette enquête ne concernait "en rien la gestion d’actifs des clients de Carmignac". Contacté par WanSquare, le groupe a donné les mêmes commentaires : "A aucun moment, les intérêts de nos clients et de nos partenaires n’ont été concernés : le désaccord avec l’administration fiscale concerne exclusivement la Société et en aucune manière les Fonds."
Et à la société ajoute "contester absolument le redressement ainsi que la qualification pénale et a engagé une procédure contentieuse tout en acquittant à titre conservatoire le montant du redressement afin d’interrompre le cours des intérêts."
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