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Le Financial Times, décidément pionnier ?

Le FT a mis en place un système permettant d'alerter les rédacteurs lorsque ces derniers ne citent pas suffisamment de femmes. Un outil, certes social, mais aussi business.
Capture d'écran - Financial Times - FT - Women in business
Capture d'écran - Financial Times - FT - Women in business

Le Financial Times, qui a été à l’avant-garde dans le développement des offres numériques, continue à innover. Cette fois, c’est en matière de diversité que le journal s’est distingué. Le 14 novembre, ses confrères du Guardian ont indiqué que le FT avait implanté un bot dans son outil rédactionnel afin d’inciter les journalistes à donner plus souvent la parole aux femmes. Et si la visée sociale est évidemment très importante, cette avancée est aussi une manière de développer ses ventes. Une stratégie que l’on pourrait qualifier de gagnant-gagnant.

Le Financial Times a en effet constaté que seulement 21 % des personnes citées étaient des femmes. Un robot utilise les pronoms et analyse les prénoms pour déterminer le sexe des différentes sources. Les rédacteurs en chef des différentes spécialités seront désormais avertis s’ils n’en font pas assez pour mettre en avant des Eve, rapporte Le Guardian.

"Le journal (le FT, ndlr), qui couvre de nombreuses industries à prédominance masculine, est désireux d'attirer davantage de lectrices, ses recherches suggérant qu'elles sont découragées par les articles qui s'appuient fortement sur des citations d'hommes", poursuit le Guardian. Une autre expérimentation a permis de montrer que les femmes sont plus enclines à cliquer sur des papiers si les photos utilisées pour illustrer les articles font plus de place à la parité.

La rédactrice en chef adjointe, Roula Khalaf, a expliqué au personnel dans un courriel interne que les femmes avaient tendance à plus figurer dans les articles sur le NHS (système de la santé publique du Royaume-Uni), l'immigration américaine et la réglementation tech de l'UE, mais moins dans ceux sur le commerce américain, l'industrie pétrolière et les banques. Par ailleurs, la proportion de rédactrices d’opinion féminines est également appelé à augmenter. Elle est déjà passée de 20 % à 30 % entre mars et août. Et les personnes en charge de la rubrique seraient aussi attentives à la diversité plus globalement.

L’argument business est probablement l’un des plus efficaces pour faire avancer la diversité. Des consultants ont d’ailleurs montré à travers plusieurs études qu’une gouvernance avec une meilleure représentation des femmes avait une influence positive sur la performance des entreprises. Si le bot du Financial Times venait à faire émerger des résultats concluants en termes de ventes, alors peut-être que - comme cela a été le cas pour sa stratégie numérique - d’autres médias le prendront pour exemple.

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