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Professions financières / Brexit / financial times

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Brexit / financial times

Brexit : Paris rafle la mise

Cet été a été le jeu de toutes les rumeurs et déclarations quant aux stratégies des grands acteurs financiers à l’approche de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Et selon des sources très sérieuses, c’est bien la capitale française qui s’assurerait les gains du divorce.
Paris - voies sur berge - quais de Seine - France
Paris - voies sur berge - quais de Seine - France

Selon une étude publiée dimanche par le Centre for European Reform (CER), un think tank pro-européen dédié à des réflexions sur le fonctionnement de l’Union européenne (UE), le Brexit aurait coûté annuellement 26 milliards de livres au Royaume-Uni depuis que la décision de sortie de l’UE a été prise. C’est 562 millions d’euros par semaine. L’équivalent de 60 centimes d’euros dépensés chaque jour pour chaque habitant à cette cause.

Et alors que les négociations avec l’UE piétinent toujours, l’ombre d’un hard brexit se rapprochant inéluctablement, cette sortie pourrait lui coûter bien plus en perdant son statut historique de place financière européenne. Car le malheur de Theresa May semble faire le bonheur de la capitale française. C’est en tout cas ce que s’est décidé à croire le très sérieux Financial Times, en publiant en Une ce matin un article intitulé Paris s’apprête à triompher en tant que plaque tournante des échanges post-brexit en Europe.  

Le quotidien britannique se base sur les décisions de Bank of America Merrill Lynch (BofA), Citigroup, BlackRock ou encore JPMorgan Chase, qui tous ont décidé de délocaliser à Paris une partie de leurs équipes de trading. C’est lors de la dernière période estivale, que les rumeurs persistantes et annonces solennelles ont confirmé l’attrait retrouvé de la capitale parisienne en prévision du Brexit. Au début de l’été, la BofA annonçait le transfert de trois cadres dirigeants d’activités de marché de premier plan de Londres à Paris courant 2019 et la construction d’une nouvelle salle de marché pouvant accueillir près de 1.000 personnes. Un peu plus tôt dans l’année, une rumeur courait selon laquelle JPMorgan Chase envisageait d’augmenter considérablement le nombre de banquiers et traders qu’elle comptait transférer de Londres vers Paris, c’est-à-dire beaucoup plus que les chiffres initiaux qui avaient déjà été annoncés de 60 à 80.

En juillet, c’était au tour de la multinationale BlackRock de subir les qu’en-dira-t-on d’analystes à la réputation bien fondée. Selon Reuters et en accord avec des informations qui avaient été dévoilées à la même période par le Financial Times, le groupe avait renforcé ses effectifs à Paris et chercherait désormais à y implanter une activité de gestion alternative. Enfin, concernant Citigroup, un mémo interne avait fuité le 9 juillet dernier dévoilant les intentions de la banque américaine de renforcer ses opérations en France avec une série de nominations de cadres. Parmi les autres groupes financiers qui redirigent leurs affaires vers Paris, Morgan Stanley aurait prévu de renforcer ses équipes avec 80 postes supplémentaires.

D’après le Financial Times, si tous choisissent Paris – relayant Francfort et Dublin au bas de l’ordre du jour – c’est grâce au prix de la main d’œuvre du secteur financier relativement bon marché, les facilités d’embauches et à la politique fiscale avantageuse choisie par Emmanuel Macron. Plus étonnant en revanche, le FT cite "la sophistication des régulateurs Français, qui ont longtemps supervisé les opérations complexes de trading et de dérivés de BNP Paribas et de la Société Générale".

Quant aux dirigeants britanniques, ils ont pris le parti de ne pas se laisser abattre. Ce matin lors d’une visite à Tokyo le ministre britannique de la City John Glen a déclaré qu’il ferait "tout ce qu’il faut" pour défendre la position londonienne en tant que centre financier mondial. Il a déclaré qu’il utiliserait notamment "la réglementation fiscale" et "les règles relatives aux visas des travailleurs étrangers", tentant de rassurer comme il a pu les entreprises japonaises qui figurent parmi les plus gros investisseurs étrangers en Grande-Bretagne.

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