Brexit : les bonus des banquiers londoniens attendus en baisse
Le Brexit va-t-il accroître le fossé entre les rémunérations des banquiers londoniens et new yorkais ? C'est en tout cas le scénario sur lequel mise Options Group. Le média britannique, Financial News, a dévoilé les chiffres en matière d'émoluments attendus par le cabinet de recrutement. Et il s'avère que les banquiers d'investissement de la City pourraient voir leur bonus diminuer en moyenne de 4,1 %. Tandis que leurs homologues américains devraient percevoir des variables en hausse de 3 %.
Dans le détail, les spécialistes seniors des fusions et acquisitions de l'autre côté de l'Atlantique peuvent espérer des bonus entre 1,5 et 2 millions de dollars. Tandis que leurs confrères de Londres pourraient toucher entre 550.000 et 900.000 dollars. En fonction des catégories, la casse serait plus ou moins limitée. Les banquiers M&A ne devraient pas constater une grande différence et ceux en charges des obligations enregistrer un recul de 1,3 %. En revanche, les spécialistes de l'equity outre-Manche verraient leurs variables diminuer de 10 %. Cela étant dit, Financial News précise qu'en moyenne les financiers de la City pourraient se consoler au regard des variables attendus en Europe, puisque les banquiers du Vieux Continent enregistreraient un déclin moyen de 6,8 %.
"Les inquiétudes suscitées par Brexit ont pesé sur le volume des transactions au Royaume-Uni cette année, tandis que l'instabilité politique dans les pays européens a eu un impact sur l'activité des transactions en Europe", a expliqué Mike Karp, directeur général du groupe Options. Et d'ajouter : "En comparaison, les banquiers de Wall Street ont bien performé". Les IPO et les émissions ont été impactés négativement par le vote du Brexit. Les divisions ECM n’auraient généré que 2,6 milliards de dollars de revenus depuis le début de l’année, soit une baisse de 25 % par rapport à la même période l’an passé, selon Dealogic, cité par Financial News.
Côté M&A, l’année est divisée en deux temps. Elle a bien démarré par des opérations comme Monsanto/Bayer qui a permis aux banquiers de dégager 248 millions de dollars de revenus, d’après Freeman Consulting. Ils ont également perçu 74 millions de dollars de fees grâce à Sky/Comcast. En revanche, le deuxième semestre de 2018 devrait être bien moins bon.
"Peu de banques d'investissement à Londres embauchent de manière agressive, en raison de l'incertitude entourant Brexit et de l'instabilité politique dans certaines parties de l'Europe continentale", a ajouté David Korn, responsable d'Emea chez Options Group.
Mais tout le monde n'est pas à la peine. Ainsi, les traders cash equities pourraient-ils toucher un bonus en hausse de 7,2 % dans la région Emea. Tandis que les traders sur dérivés actions percevraient des variables en augmentation de 5,2 % dans cette même partie du monde.
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