Macro-économie / Taux / industrie
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Les gilets jaunes vont-ils plomber la croissance du dernier trimestre ?
Le rebond de l’économie française attendu pour le dernier trimestre semble bien mal enclenché. Après que l’INSEE a dévoilé la semaine dernière un indice de confiance des consommateurs français au plus bas depuis quatre ans, IHS Markit a de son côté publié ce matin la plus faible croissance de la production manufacturière depuis 26 mois.
L’indice s’est ainsi établi à 50,8 contre 51,2 en octobre, soit son niveau le plus bas depuis septembre 2016. Un recul qui résulte notamment d’une baisse des nouvelles commandes (pour la première fois depuis 26 mois), qui ont incité les fabricants français à réduire leurs effectifs en novembre, l’emploi baissant ainsi pour la première fois depuis un peu plus de deux ans.
Les producteurs ont également été affectés par la hausse du coût des matières premières, qui a augmenté leurs coûts d’achat et qu’ils ont par conséquent répercutés sur leurs propres prix de vente. "Les données PMI de novembre mettent en évidence une conjoncture difficile dans le secteur manufacturier français, les entreprises interrogées signalant une baisse du volume des nouvelles commandes, des suppressions d’emplois ainsi qu’une forte inflation de leurs coûts", explique ainsi Eliot Kerr, économiste chez IHS Markit.
Autre élément instructif de cette enquête : les répondants ont indiqué des perturbations sur leurs chaînes d’approvisionnement qu’ils attribuent en partie aux manifestations des "gilets jaunes", celles-ci ayant contribué à un nouvel allongement des délais de livraison en novembre. Une réponse assez inquiétante dans la mesure où les ménages ont également cité le mouvement de protestation pour expliquer le recul de leurs intentions d’achats lors de l’enquête de l’INSEE publiée la semaine dernière. Et si aucun chiffre n’a encore été fourni sur le sujet, plusieurs prévisionnistes ont déjà déclaré que le mouvement aurait un impact négatif sur la consommation au dernier trimestre, notamment parce que cela fait trois week-ends que les ventes des principales boutiques de la capitale et de plusieurs grandes métropoles se sont effondrées.
Sachant que la consommation est le principal pilier de la croissance française et que les grands instituts de statistiques français ont publié leurs premières prévisions de croissance du pays pour le quatrième trimestre avant que le mouvement des gilets de jaune ne commence, il est possible que les chiffres soient moins bons que prévu : pour l'instant, selon la BdF, le PIB devrait progresser de 0,4 % seulement, soit le même niveau qu’au troisième trimestre, et après six premiers mois atones, où la croissance n’avait atteint que 0,2 % sur chacun des premiers trimestres. L’INSEE mise lui aussi sur une progression de 0,4 % sur le dernier trimestre de cette année alors que le consensus tablait plutôt sur une progression de 0,5 % entre septembre et décembre de cette année. Les prochains indicateurs de confiance puis les données réelles de la consommation et de la production industrielle seront donc surveillés comme le lait sur le feu pour tenter d'anticiper l'évolution de la conjoncture en cette fin d'année, après un début 2018 très décevant.
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