Nouveaux administrateurs en vue chez Air France-KLM
Après avoir présenté des résultats assez mauvais pour le premier trimestre, en raison notamment d'une facture carburant plus élevée que prévu, d'un effet de change défavorable et d'une hausse des frais de personnel, l'avionneur franco-néerlandais réunira ses actionnaires le 28 mai prochain à la Défense pour se prononcer sur un certain nombre de sujets importants.
Ceux-ci devront ainsi valider ou non l'engagement relatif à l'indemnité en cas de départ contraint du nouveau président Benjamin Smith. Indemnité qui avait fait beaucoup de bruit lorsque celle-ci avait été révélée peu de temps avant qu'il ne prenne ses fonctions, à l'automne dernier. Si le montant précis devrait être connu lors de l'assemblée des actionnaires, le document relatif à la rémunération des dirigeants disponible sur le site d'Air France précise que "conformément aux recommandations du Code AFEP-MEDEF, la base de l’indemnité de départ est équivalente à deux ans de rémunération fixe et variable annuelle (selon des modalités de calcul particulières faisant référence selon les cas au variable cible en cas de départ au cours des 24 premiers mois)". Et le document d'ajouter que "la base de l’indemnité sera affectée d’un coefficient (compris entre 0 et 100 %) en fonction de la performance de l’intéressé, mesurée par référence au taux d’atteinte des critères de performance relatifs à la part variable annuelle de sa rémunération au cours des deux derniers exercices de son mandat (ou depuis sa nomination, dans l’hypothèse d’un départ intervenant au cours des deux premières années). Il appartiendra au Conseil d’administration de constater la réalisation de ces critères de performance". Cette indemnité pourrait atteindre 4,5 millions d'euros selon les estimations qui avaient été données en septembre et devrait donc être votée fin mai.
Les actionnaires devront également se prononcer sur le nom de plusieurs nouveaux administrateurs au sein du conseil, composé de 16 membres (dont deux proposés par l'État français). Benjamin Smith donc, nouveau directeur général depuis septembre dernier, devrait rejoindre le conseil. L'État français devrait par ailleurs proposer la nomination d'Astrid Panosyan, pour une durée de quatre ans en remplacement de Patrick Vieu, dont le mandat arrive à échéance à la fin du mois.
Diplômée de l'IEP de Paris, d'HEC et de la Harvard Kennedy School of Government, Astrid Panosyan est directrice générale fonctions centrales et membre du directoire d'Unibail-Rodamco depuis 2015. Âgée de 48 ans, cette chef d'entreprise a commencé sa carrière chez AT Kearney avant de rejoindre AXA en 1998, au sein de la direction de la stratégie, puis de la direction Business Support & Development Asie-Pacifique. En 2002, elle a rejoint Groupama, où elle a successivement collaboré à la direction internationale, à la direction de la stratégie, puis à la direction financière. Elle est devenue secrétaire générale du Groupe Groupama en 2011. En 2014, elle devient conseillère au sein du cabinet d’Emmanuel Macron, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, en charge de l'attractivité économique et des investissements internationaux. Cette mère de deux jeunes enfants est d'ailleurs membre du bureau exécutif de La République en Marche, qu'elle a rejoint au moment de sa fondation.
Le nom de Cees’t Hart enfin, devrait être proposé comme nouvel administrateur. M. Cees’t Hart, a vocation à remplacer Hans N.J. Smits en tant que président du Conseil de surveillance de KLM en vertu des accords de gouvernance entre Air France–KLM et KLM, M. Smits ayant lui-même annoncé qu'il démissionnerait de ses fonctions d'administrateur à compter de l'AG de fin mai. Le hollandais Cees't Hart, âgé 61 ans, diplômé de l'Université de Leiden et d'un programme en management de Harvard, est président et CEO de Carlsberg depuis 2015, après avoir occupé plusieurs postes de direction au sein d'Unilever, où il a réalisé la majorité de sa carrière.
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